Cercueil durant les funérailles

Comment choisir les vêtements mortuaires pour un défunt ?

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Comment choisir les vêtements mortuaires pour un défunt ?

Choisir les vêtements dans lesquels un défunt sera habillé pour ses obsèques est une étape délicate que la famille doit affronter dans un moment de grande tristesse. Mais que faut-il choisir ? 

Un costume sombre et une chemise blanche ? Une robe que la personne aimait particulièrement porter ? Des vêtements de couleurs neutres ou au contraire plus voyantes ? Des habits traditionnels respectant la religion du défunt ?
 

Cette décision, aussi difficile soit-elle, est importante. Les vêtements mortuaires accompagneront la personne décédée lors de la cérémonie funéraire à l’église ou au cimetière, et resteront avec elle dans le cercueil lors de l’inhumation ou de la crémation.
 

Mais au-delà de la dimension émotionnelle, le choix des vêtements mortuaires soulève aussi des questions pratiques : quels vêtements sont les plus adaptés pour habiller un défunt ? Faut-il forcément choisir des teintes sobres comme lorsqu’on assiste à un enterrement ? Qui choisit les vêtements ? Existe-t-il des règles selon les religions ? Quelles matières privilégier ?
Voici ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que les vêtements mortuaires ?

Les vêtements mortuaires (ou vêtements funéraires) désignent les habits dans lesquels le défunt sera habillé après la toilette mortuaire ou les soins de conservation et avant sa présentation dans le cercueil. En bref, la « dernière tenue ». Ces vêtements sont ensuite portés lors de la cérémonie funéraire, si le cercueil est ouvert, et accompagnent le défunt lors de l’inhumation ou de la crémation.
 

Pour habiller un défunt, il n’y a pas besoin forcément d’opter pour une tenue neuve ni pour des vêtements spéciaux. Au contraire, la plupart des familles choisissent des habits que la personne aimait porter de son vivant : la fameuse « chemise fétiche » ou « robe préférée », ceux dans lesquels le défunt se sentait à l’aise et aimait sortir de son armoire.

Qui choisit les vêtements mortuaires ?

Le choix revient généralement à la famille du défunt, et plus précisément aux proches les plus directs : conjoint, enfants, parents ou frères et sœurs. Ce sont eux qui connaissent le mieux les goûts vestimentaires de la personne disparue.
 

Dans certains cas, le défunt a pu exprimer ses souhaits de son vivant, notamment dans le cadre d’une prévoyance funéraire. Certaines personnes précisent qu’elles souhaitent être habillées avec un vêtement particulier : une robe préférée, un costume élégant, un vêtement traditionnel, ou même une tenue décontractée. Respecter ces volontés est une façon d’honorer la mémoire de la personne disparue.
 

S’il est important pour vous de décider de la tenue que vous porterez à vos propres obsèques, gardez à l’esprit que la tenue choisie devra correspondre à votre morphologie au moment venu, et non à celle d’aujourd’hui. Le corps évolue, et une chemise ajustée ou un pantalon préféré peuvent ne plus convenir dans quelques années.

Privilégier la praticité

Bien que le choix des vêtements mortuaires soit avant tout subjectif, il est important de tenir compte de certaines contraintes techniques.

Des vêtements faciles à enfiler

Après le décès, le corps devient rigide, ce qui peut rendre l’habillage compliqué. Il est donc préférable de choisir des vêtements avec des ouvertures larges, des fermetures simples et des tissus souples.

 

Pour les hommes, un costume ou un pantalon avec une chemise reste un choix classique. Il est recommandé de choisir une chemise qui s’ouvre entièrement devant plutôt qu’un pull à enfiler par la tête. Certains voudront une cravate pour renforcer le côté « costume de cérémonie ». Il est aussi possible de mettre une veste, mais elle ne doit pas être trop ajustée. Les chaussures sont facultatives car elles ne sont généralement pas visibles dans le cercueil.
 

Pour les femmes, une robe avec une ouverture dans le dos ou sur le côté est souvent plus pratique qu’une robe à enfiler par la tête. Un ensemble composé d’une jupe et d’un chemisier, ou d’un pantalon et d’un haut, convient également. Les matières souples comme le coton, la soie ou le jersey sont préférables aux tissus rigides.

 

Évitez les vêtements près du corps avec de nombreux boutons, des fermetures éclair complexes ou des lacets compliqués, ou des coupes très ajustées. De même, les vêtements trop lourds – comme certains manteaux d’hiver en laine épaisse – ou les robes à volants peuvent être inadaptés.

Des couleurs sombres : du gris foncé, du bleu marine, du noir et du blanc

Pour les vêtements du défunt, ces teintes sont généralement privilégiées car elles renvoient à la sobriété, à l’élégance et au respect du moment. Le noir reste la couleur la plus couramment choisie, mais le gris anthracite ou le bleu marine constituent des alternatives tout à fait appropriées, plus douces visuellement. Le blanc, souvent utilisé pour une chemise, un chemisier ou certains vêtements traditionnels, apporte une touche de clarté et de sérénité, sans rompre l’équilibre de l’ensemble.
 

Cela dit, certaines personnes expriment le souhait de porter ou d’être habillées de manière plus colorée pour leur dernier adieu : une robe rouge, une veste bleu vif, une pièce fleurie ou même un accessoire atypique. Dans ce cas, le plus important est de respecter la volonté du défunt, même si cela sort des conventions classiques. L’essentiel reste que la tenue ait du sens pour la personne disparue et qu’elle reflète ce qu’elle était, avec authenticité et affection.

Tenir compte du type de cérémonie : crémation ou inhumation

Le choix des matières et des accessoires varie considérablement selon que le défunt sera incinéré ou inhumé.

Pour une crémation : des matières strictement contrôlées

Pour une crémation, tous les vêtements qui entrent dans le four crématoire doivent être biodégradables et ne pas dégager de gaz toxiques. Le cadre est strict pour des raisons de sécurité et d’environnement.

 

  • Les matières interdites : les matières synthétiques (nylon, polyester, lycra, acrylique) qui, en brûlant, fondent et dégagent des fumées toxiques. Le cuir et le similicuir sont également proscrits car ils endommagent les systèmes de filtration du crématorium. Le caoutchouc et le PVC, présents dans les semelles de chaussures, sont formellement interdits à cause des émissions de chlore. Les accessoires métalliques massifs doivent être retirés car le métal ne se consume pas.
  • Les matières autorisées : les fibres naturelles à 100 % comme le coton, la laine, la soie ou le lin. Ces matières se transforment intégralement en cendres sans endommager les installations.
  • Les accessoires autorisés pour une crémation sont limités : bijoux simples en or ou argent, lunettes avec montures légères, prothèses dentaires. Les montres avec pile, prothèses auditives et bijoux fantaisie en plastique doivent être retirés.

 

Si le défunt porte un stimulateur cardiaque (pacemaker), celui-ci doit impérativement être retiré avant la mise en bière, car la batterie exploserait sous l’effet de la chaleur (850°C).

Pour une inhumation : plus de souplesse

Le cadre est beaucoup plus souple pour une inhumation. Contrairement à la crémation, l’inhumation s’inscrit dans le temps long de la décomposition.

 

Les matières synthétiques sont techniquement acceptées, mais mettront des décennies à se décomposer. Mieux vaut privilégier les fibres naturelles. Le cuir est autorisé : chaussures en cuir ou veste peuvent accompagner le défunt.
 

Les restrictions concernent les piles et batteries (pollution des sols par les métaux lourds), le verre (ne se dégrade jamais), et les matières plastiques non biodégradables.
 

La plupart des accessoires sont autorisés : lunettes, prothèses, bijoux, chaussures en cuir, ceintures avec boucles métalliques, montres, objets personnels (livre, photo). Cependant, par respect pour l’environnement, il est recommandé de limiter les accessoires non biodégradables.

 

En résumé, la liberté est plus grande pour une inhumation. Si le défunt avait une tenue fétiche comprenant du cuir ou des tissus synthétiques, l’inhumation permet de respecter ce choix. La tendance actuelle en Suisse pousse néanmoins vers le « zéro plastique » pour un retour à la terre naturel.

Les spécificités selon les religions et les cultures

Au-delà des contraintes techniques liées au type de cérémonie, le choix des vêtements mortuaires doit également tenir compte des croyances religieuses et des traditions culturelles de la famille du défunt. Chaque religion possède ses propres codes vestimentaires funéraires, qu’il est essentiel de respecter pour rendre un hommage digne et approprié.

 

  • Funérailles chrétiennes : pas de règles strictes. Tenue sobre et digne (costume, robe ou tailleur). Certaines familles catholiques ajoutent un chapelet ou une croix.
  • Obsèques juives : linceul blanc simple (takhrikhim) symbolisant l’égalité devant la mort. Les hommes peuvent être enveloppés dans leur tallit (châle de prière). Pas de bijoux.
  • Funérailles musulmanes : linceul blanc (kafan) en coton ou lin, simple et sans ornements. Les vêtements ordinaires ne sont pas utilisés.
  • Cérémonies bouddhistes et hindouistes : vêtements blancs ou couleurs claires symbolisant la pureté. Le corps peut être paré de guirlandes de fleurs.
  • Autres traditions : certaines cultures ont leurs propres traditions vestimentaires funéraires, avec des vêtements traditionnels ou des couleurs spécifiques.

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Ecrit par Alejandra Rodriguez,

"Alejandra Rodriguez accompagne les familles chez Everlife.ch dans la planification de leurs obsèques. Son objectif : alléger la charge mentale et émotionnelle des proches en mettant la vie – et les volontés de chacun – au cœur de la prévoyance funéraire."

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il y a 18 heures.

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7 Minutes

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