Sujets d'informations Faire appel à une thanadoula en Suisse : comment ça se passe ?

Faire appel à une thanadoula en Suisse : comment ça se passe ?

Lorine Berger

Lorine Berger

“Lorine, l’énergie dynamique de la communication.”

Publié le 25 septembre 2026

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Quand un malade entre dans sa phase terminale, les équipes soignantes s’occupent du corps et de la douleur. Reste souvent un vide : quelqu’un de disponible pour parler, veiller la nuit, préparer les derniers jours avec la personne et sa famille. C’est la place qu’occupe la thanadoula. 

L'essentiel en bref
  • Une thanadoula, ou doula de fin de vie, apporte une présence humaine à une personne gravement malade et à ses proches, sans effectuer aucun geste médical.
  • Le tarif horaire recommandé par l'association suisse de référence se situe entre CHF 60 et CHF 90.
  • L'assurance maladie de base ne couvre pas ces prestations. Une assurance complémentaire peut en assurer la prise en charge partielle, sur demande.
  • Un fonds d'entraide, ouvert en juin 2024, finance l'accompagnement des personnes qui n'en ont pas les moyens.
  • Les directives anticipées, prévues par le Code civil suisse, permettent de faire respecter ses choix médicaux le jour où l'on ne peut plus s'exprimer.

Thanadoula et doula de fin de vie : un même métier

Le terme doula vient du grec et désigne traditionnellement une femme qui accompagne et soutient une autre personne. Longtemps associé à la naissance et à la maternité, il s’est progressivement étendu à d’autres moments de la vie, notamment à la fin de vie. Le préfixe thana, issu de thanatos (« mort » en grec), a ainsi donné naissance au terme thanadoula.

 

Les appellations « thanadoula » et « doula de fin de vie » désignent aujourd’hui un accompagnement similaire.
Les doulas sont désormais bien connues pour leur rôle auprès des femmes enceintes, pendant la naissance et durant le post-partum. En revanche, leur intervention auprès des personnes en fin de vie reste beaucoup moins connue du grand public. Pourtant, l’accompagnement de la fin de vie par des doulas existe depuis plusieurs années dans différents pays, sous des appellations et des formes parfois différentes.
 

Le développement de cette pratique répond notamment au souhait de certaines personnes de vivre leurs derniers moments à domicile, entourées de leurs proches et de bénéficier d'un soutien holistique plutôt que de rester à l’hôpital lorsque leur situation le permet. La thanadoula peut alors apporter une présence, une écoute et un soutien complémentaire à ceux des professionnels de santé.

Un métier en plein essor à l’international

À l’échelle internationale, la pratique s’est particulièrement développée en Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Aux États-Unis, la National End-of-Life Doula Alliance (NEDA) comptait 260 membres en 2019, contre 1 545 en janvier 2024, ce qui témoigne de l’essor de cette activité. Ces chiffres concernent toutefois les membres de cette organisation et ne permettent pas d’estimer à eux seuls le nombre total de doulas de fin de vie dans le pays.
 

En France, le métier de doula est également en développement : environ 1 300 doulas seraient aujourd’hui formées ou en exercice, toutes spécialités confondues. Les doulas de fin de vie constituent donc une partie plus restreinte de cette profession.
 

En Suisse, l’Association Doulas de Fin de Vie Suisse réunit des praticiennes formées à cet accompagnement et s’adresse aussi bien aux personnes en fin de vie qu’à leurs proches. Rosette Poletti, pionnière des soins palliatifs en Suisse et présidente d’honneur de l’association, accompagne des personnes en fin de vie et en situation de deuil depuis 1976. L’association partage également des ressources et des informations sur l’accompagnement de la fin de vie et du deuil.

Ce que fait concrètement une thanadoula

L’accompagnement débute souvent plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant le décès. La thanadoula intervient généralement au domicile de la personne, selon un rythme défini avec elle et ses proches.
 

Son rôle est avant tout d’apporter une présence, une écoute et un soutien pratique. Elle peut aider la personne à mettre des mots sur ses peurs, à revenir sur sa vie, à exprimer ce qu’elle souhaite encore transmettre ou à réfléchir à ses derniers jours : où elle souhaite être, quelles personnes elle veut avoir auprès d’elle, quelle musique écouter ou quels rituels lui tiennent à cœur.
 

Elle peut également aider à faire connaître ces souhaits à l’entourage et, lorsque cela est pertinent, faciliter leur transmission à l’équipe soignante. Selon les besoins, elle peut par exemple rester auprès de la personne pendant une nuit afin de permettre aux proches de se reposer. Elle peut aussi être présente au moment du décès et dans les heures qui suivent, si la personne ou sa famille le souhaite.
 

Parler de sa propre mort reste difficile, même lorsque celle-ci approche. Le baromètre Everlife/Qualinsight 2026 met en évidence cet écart chez les Romands de 40 ans et plus : 67 % se disent à l’aise pour parler de la mort, mais seulement 14 % ont préparé leurs obsèques. La thanadoula peut aider à ouvrir cet espace de discussion et à transformer les souhaits en décisions concrètes, toujours au rythme de la personne et sans imposer de conversation.

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Un soutien aussi pour les proches

L’accompagnement ne s’arrête pas nécessairement à la personne en fin de vie. Les proches peuvent eux aussi traverser un deuil anticipé pendant qu’ils accompagnent un proche en fin de vie, avec des émotions parfois difficiles à comprendre ou à exprimer.

 

La thanadoula peut alors leur offrir un espace d’écoute et les aider à anticiper les heures qui suivent le décès : qui prévenir en premier, quelles démarches entreprendre, combien de temps rester auprès du défunt ou encore s’ils souhaitent participer à sa toilette. Les pratiques et les possibilités peuvent toutefois varier selon les cantons et les circonstances du décès.

Ce qu’une thanadoula ne fait pas

Une thanadoula n’effectue aucun soin ni geste médical. Lorsque des soins sont nécessaires, le médecin de famillle coordonne l’intervention des services de soins à domicile et, si besoin, d’une équipe mobile de soins palliatifs. La toilette quotidienne, les soins d’hygiène et l’aide ménagère relèvent également de ces professionnels et ne font pas partie des missions de la doula.

 

Son accompagnement est laïque et non religieux. Les doulas de l’association s’engagent à ne pratiquer aucun prosélytisme. Si la personne le souhaite, elles peuvent toutefois lire un texte religieux, faciliter un rituel ou organiser la visite d’un représentant de sa confession.

 

La thanadoula ne prend pas de décisions à la place de la personne accompagnée. Son rôle est de l’aider à exprimer ses souhaits et à les faire connaître à son entourage, sans se substituer aux proches, aux professionnels de santé ou à la personne elle-même.

 

Pour que ses choix médicaux puissent être pris en compte lorsqu’elle n’est plus en mesure de s’exprimer, une personne peut rédiger des directives anticipées. En Suisse, celles-ci sont encadrées par le Code civil (art. 370 ss CC).

 

Vous pouvez dès aujourd’hui formaliser vos choix médicaux à l’aide de notre modèle de directives anticipées, disponible gratuitement au téléchargement.

Tarifs d’une thanadoula en Suisse romande

Les tarifs d’une thanadoula ne sont pas fixés par la loi : chaque doula détermine ses propres prix. L’Association Doulas de Fin de Vie Suisse publie toutefois une grille tarifaire recommandée, qui peut servir de repère aux personnes et aux familles qui envisagent cet accompagnement.

Prestation

Tarif recommandé

Accompagnement à l’heure

CHF 60 à CHF 90

Forfait pour plusieurs rencontres et accompagnement de fin de vie

CHF 600 à CHF 1'200

Présence de nuit

CHF 480 pour 3 nuits

 

Source : Association Doulas de Fin de Vie Suisse, tarifs recommandés.

 

Ces montants sont des tarifs indicatifs : le prix final peut varier selon la doula, la durée et la nature de l’accompagnement.

 

L’assurance maladie obligatoire (LAMal) ne prend pas en charge les prestations d’une thanadoula. Une assurance complémentaire peut éventuellement participer aux frais, selon les conditions du contrat. Il est donc préférable de contacter directement sa caisse-maladie pour vérifier les éventuelles prestations disponibles.

Une aide financière pour les familles

Le coût d’un accompagnement peut représenter un obstacle pour certaines familles. Depuis le 1er juin 2024, l’Association Doulas de Fin de Vie Suisse dispose d’un fonds d’entraide destiné aux personnes en fin de vie et à leurs proches aidants qui ne peuvent pas assumer ces frais.

 

La demande est effectuée par l’intermédiaire de la doula sollicitée, qui doit être membre confirmée de l’association. Les conditions d’accès et le montant de l’aide dépendent de la situation de la personne accompagnée.

Comment trouver une doula de fin de vie près de chez vous ?

L’association présente ses doulas membres par région sur son site. Après un premier contact, un entretien permet de faire connaissance et d’échanger sur les besoins de la personne et de ses proches. Vous pouvez ensuite définir ensemble la fréquence des visites, la durée de l’accompagnement et les prestations souhaitées.

 

Ce premier échange est aussi l’occasion de poser quelques questions : quelle formation la doula a-t-elle suivie ? Depuis combien de temps exerce-t-elle ? Quelle est sa disponibilité, notamment la nuit ? Quels sont ses tarifs et ses conditions d’intervention ?

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Questions fréquentes

Il n’existe pas, à ce jour, de diplôme fédéral de thanadoula en Suisse comparable à une profession de santé réglementée. Des formations spécialisées permettent toutefois de se former à l’accompagnement de la fin de vie, du deuil et aux différents aspects du métier.

 

Le métier et le rôle ne sont pas les mêmes. Une thanadoula propose principalement une présence, une écoute et un accompagnement humain autour de la fin de vie et du deuil. Un psychologue est un professionnel spécialisé dans la santé psychique et peut proposer un accompagnement psychologique ou une psychothérapie selon sa formation et son cadre d’exercice.

Oui, lorsque cet accompagnement a été prévu avec la famille. Elle peut revoir les proches après le décès et leur offrir un soutien dans les premiers temps du processus de deuil. Cet accompagnement peut notamment aider à mettre des mots sur ce qui a été vécu et à traverser les premières étapes du deuil.

Non. Une personne n’a aucune obligation d’aborder immédiatement la mort ou sa maladie. La thanadoula adapte sa présence à ce que la personne souhaite : conversation sur d’autres sujets, lecture, musique ou simplement une présence silencieuse et bienveillante. Certaines personnes abordent le sujet après plusieurs visites, tandis que d’autres ne souhaitent jamais en parler directement.

Il est possible de faire appel à une thanadoula dès qu’une maladie grave ou incurable est diagnostiquée, ou lorsqu’un pronostic vital est engagé, quelle que soit l’échéance envisagée. La fin de vie peut durer quelques jours, plusieurs mois ou davantage. Commencer l’accompagnement suffisamment tôt permet à la personne et à sa famille de prendre le temps de créer une relation de confiance et d’aborder progressivement leurs besoins.

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