Inhumation ou crémation

C’est l’une des tendances les plus marquantes dans les pratiques funéraires de ces dernières décennies. Dans plus de 90% des cas les Suisses choisissent la crémation, contre à peine 30% au début des années 80 selon l’émission Mise au Point. Si plus de 95% des décès dans les cantons de Vaud et Neuchâtel donnent lieu à une incinération du corps, les cantons catholiques, à l’image de Fribourg et Valais dépassent aujourd’hui les 85%. À titre d’exemple, au cimetière de Beauregard à Neuchâtel en 2019, seules 38 mises en terre ont eu lieu contre plus de 1’200 crémations, selon la responsable. Un constat sans appel qui fait de la Suisse le champion européen de la crémation et rejoint le Japon au niveau mondial, historiquement et culturellement ancré dans cette pratique.

Si les tarifs peuvent sensiblement varier d’une région et même d’une entreprise de pompes funèbres à l’autre, le coût de la crémation peut s’orienter autour des 5’000 francs, taxes administratives incluses, quand l’inhumation peut atteindre les 8’000 francs, en incluant un monument funéraire à 1’000 francs environ et une concession à 1’500 francs. La taxe d’inhumation peut être prise en charge par la commune de résidence. Une liste d’émoluments divers est disponible sur les sites de chaque commune et variable. À noter que la ville de Genève assure la prise en charge d’une partie des frais des funérailles à ses habitants, dont la fourniture d’un cercueil en peuplier ou d’une urne. Les modalités détaillées figurent sur le site de la ville. Dans le cas d’une incinération, les cendres peuvent être jetées dans le tombeau du souvenir ou confier à la famille qui décide de leur conservation ou de leur dispersion.

Un changement culturel profond

Reste à comprendre les motivations du recours massif à la crémation. La thanatologue, enseignante et formatrice, Alix Noble Burnand ne nie pas l’aspect du coût dans le choix, mais évoque un faisceau d’explications: « C’est un sujet très complexe et traité dans la littérature, notamment par des sociologues tels que Bernard Crettaz ou Edgard Morin, qui ne se limite pas à la question financière. Bien sûr, entretenir une sépulture pendant parfois 25 ans a un coût que ne présente pas le tombeau du souvenir. Mais il se double d’une dimension sociologique liée à l’éclatement des familles. Il n’y a souvent plus de lieux de sépulture unique qui fassent consensus. Qui décide alors où va être enterré le mort ?».

La persistance d’un tabou autour de la mort joue un rôle psychologique et ethnologique dans le rapport au corps, favorisant le choix de la crémation selon Alix Noble Burnand : « Depuis les années 60, on ne pense plus la mort comme auparavant. Il y a un désintérêt pour le corps mort qui ne joue plus de rôle. Le corps n’a d’importance que tant que je suis vivant. Le tabou est très fort concernant le corps, mais aussi concernant l’au-delà ». Également évoquée par la thanatologue, la mutation profonde de la spiritualité, avec une adhésion à des visions jusque-là plus «exotiques» et la combinaison de plusieurs formes de croyances. « Aujourd’hui le syncrétisme est complet, avec une fascination pour les autres manières de croire et de pratiquer. Il y a un refus des pratiques enfermantes, qui font que les façons de faire traditionnelles tendent à tomber en désuétude ».


 

Catégorie
En cas de décès
Publié le
10 février 2020
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