L’évolution des pratiques funéraires à l’international

A l’ère où la mort est plus que jamais démocratisée, les pratiques funéraires évoluent et se multiplient. Quels sont les nouveaux rites et comment se situe la Suisse par rapport aux autres pays ? Tour d’horizon entre tradition ancestrale et modernité digitale.

Les offres funéraires

Depuis de nombreuses années, les offres funéraires au sein des pompes funèbres et l’apparition de célébrants indépendants n’ont cessé d’évoluer. Les Eglises reconnues par l’Etat sont moins sollicitées pour préparer le service funèbre. Les cérémonies sont davantage personnalisées en fonction des dernières volontés du défunt ou à la demande des proches.

Dans l’Etat de Washington aux Etats-Unis, il sera possible dès le 1er mai 2020 de porter son choix sur l’humusation, un procédé qui consiste à transformer en compost le corps d’un défunt.
Le corps est placé dans un conteneur avec de la matière organique qui accélère la décomposition naturelle comme des copeaux de bois ou encore de la paille. En Belgique, cette procédure fait également l’objet d’un projet de loi en cours d’acceptation dans tout le pays.

L’humour s’est également invité lors d’un enterrement en Irlande, où un certain Shay Bradley, se sachant condamné, a enregistré sa voix sur une bande-son : « Bonjour ! Où suis-je ? Toc toc toc ! Faites-moi sortir, il fait vraiment trop noir ici » laissant supposer qu’il communique d’outre-tombe. Une pratique autant particulière qu’originale, qui est devenue virale sur les réseaux sociaux.

Au Japon, l’entreprise Kankon Sosai Aichi Group propose désormais d’assister aux funérailles d’un proche depuis sa voiture. Les proches sont accueillis auprès d’un guichet sous forme de « drive-in » où une boîte à encens leur est présentée, les gestes rituels peuvent alors se dérouler depuis la voiture. Toujours au pays du Soleil-Levant, il est également possible de remplacer le prêtre bouddhiste par Pepper, un robot semi-androïde, programmé pour officier la cérémonie.

Les entreprises américaines Alcor et Cryonics Institute ainsi que l’entreprise russe Kriorus performent dans la cryogénisation, qui consiste à préserver les corps de défunts grâce au froid, dans le but de réanimer ces derniers après plusieurs siècles, selon les progrès possibles de la science. Avant d’être plongé dans une cuve d’azote liquide à -196 degrés Celsius, le corps est préparé afin que des cristaux ne se forment pas durant la cryogénisation.

Les rites funéraires de nos jours

Dans cette société où tout va toujours plus vite, la place qu’occupent les différents rites de deuil est parfois difficile à cerner. Autrefois, les rites étaient beaucoup plus marqués. “Le temps des rituels autour du deuil se raccourcit, sous pression de l’accélération du rythme de vie, au détriment souvent de la possibilité de mettre en route le travail de deuil” comme le précise François-Xavier Amherdt, prêtre du diocèse de Sion et professeur de théologie catholique à l’Université bilingue de Fribourg.

C’est pourquoi, de plus en plus de personnes spécialisées gèrent le rite ; des actions d’entraide voient le jour, comme l’association Vivre Son Deuil Suisse qui a mis sur pied le Café Deuil, des rencontres pour témoigner, partager et échanger entre individus endeuillés. Le Toussaint’S Festival illustre également cette évolution: pour la 5ème année, des conférences, débats et autres animations sur le thème de la mort sont proposés pendant une semaine au mois d’octobre. Un pas de plus vers une démocratisation de la mort dans notre société.

Publié le
27 mars 2020
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