Les principales causes de décès en Suisse
Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), les causes de décès en Suisse en 2024 se répartissent comme suit :
- Maladies cardiovasculaires : 20 000 décès, soit 26 % du total. C'est la première cause de décès chez les femmes (29 %).
- Cancers : près de 18 000 décès, soit 25 %. Première cause de décès chez les hommes (28 %).
- Démence : 6 600 décès, en hausse chez les hommes (+3,4 %).
- Maladies de l'appareil respiratoire et causes externes (accidents, suicides, violences) ferment le tableau, avec une baisse confirmée des décès liés aux causes externes pour les deux sexes.
Les accidents et suicides dominent jusqu'à environ 45 ans. Passé cet âge, le cancer prend la première place. Et dès 80 ans, ce sont les maladies cardiovasculaires qui tuent le plus. Le suicide reste un sujet douloureux : c'est encore aujourd'hui l'une des premières causes de décès chez les 15-29 ans en Suisse.
Une espérance de vie en perpétuelle évolution
Grâce à l’amélioration des conditions de vie et aux progrès de la médecine, l’espérance de vie en Suisse, à l’instar des autres pays d’Europe a fortement augmenté entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. En 2024, l'espérance de vie à la naissance atteint 86 ans pour les femmes et 82,5 ans pour les hommes, des valeurs jamais observées dans le pays. La Suisse fait partie des pays où l'on vit le plus longtemps au monde.
Et ce n'est pas fini. Une fille née en 2024 peut espérer vivre 94 ans, un garçon 92 ans. Plus d'une fille sur quatre et un garçon sur six de cette génération devraient atteindre 100 ans, selon les projections de l'OFS.
L'écart entre les sexes se réduit, lentement, mais sûrement. Les hommes gagnent du terrain. Et l'espérance de vie en bonne santé augmente, elle aussi, ce qui change radicalement le rapport à la fin de vie.
L’évolution du nombre de décès en Suisse
Le nombre de décès n'a cessé d'augmenter avec le vieillissement de la population. Voici quelques jalons :
- 57 856 décès en 1971
- 62 528 décès en 2000
- 67 606 décès en 2015
- Près de 72 000 décès en 2024 (35 000 hommes, 37 000 femmes)
- 88 % des décès concernent désormais des personnes de 65 ans ou plus
Ce vieillissement de la mortalité change radicalement la manière dont on prépare la fin de vie. Préparer ses obsèques de son vivant n'est plus un choix réservé aux malades, c'est une démarche d'anticipation que la majorité des Suisses peut désormais envisager sereinement.
Le COVID-19 a marqué une parenthèse. L'OFS a documenté plusieurs phases de surmortalité notables : printemps 2020, automne 2020-hiver 2021, fin 2021-début 2022 chez les 65 ans et plus, puis été 2022 lié aux fortes chaleurs. Cette parenthèse semble refermée. Trois ans après la pandémie, l'espérance de vie a globalement retrouvé son niveau d'avant 2020.
Le vrai phénomène n'est pas démographique, il est sociologique : chaque année, l'écart entre les Suisses de moins de 20 ans et ceux de plus de 65 ans se rapproche dangereusement, créant dans certains cantons un renversement de la pyramide des âges. Et cette génération vieillissante, qui a grandi durant la libéralisation des mœurs, entretient un rapport plus serein à la mort. Elle a aussi de nouvelles manières de la consommer.
De nouveaux décès, de nouvelles tendances
Le chiffre frappe à chaque fois qu'on le sort. En 1990, la Suisse comptait 377 centenaires. En 2000, ils étaient 787. En 2010, 1 332. Et à l'été 2024, 2 177 : dont 80 % de femmes. Le nombre de centenaires a sextuplé en 30 ans.
Le Tessin est devenu une véritable « zone bleue » : 42 centenaires pour 100 000 habitants, presque deux fois la moyenne suisse (22 pour 100 000). Hasard climatique, mode de vie, alimentation, lien social : les chercheurs cherchent encore les vraies clés.
Vivre plus longtemps, mais préparer moins
Le paradoxe suisse mérite d'être posé. Nos compatriotes vivent toujours plus longtemps, mais la majorité ne prépare pas pour autant la fin de vie. Selon le baromètre Everlife 2025, 67 % des Romands se disent à l'aise avec l'idée de la mort.
Pourtant, seulement 14 % d'entre eux ont concrètement préparé leurs obsèques. Un écart de 53 points qui résume à lui seul le décalage entre la sérénité affichée et le passage à l'action.
L'écart entre la sérénité affichée et le passage à l'action saute aux yeux. Tout le sens d'anticiper, c'est précisément d'agir avant que la situation l'impose.
De nouveaux décès, de nouvelles tendances
La première tendance, et pas des moindres, est le contrat de prévoyance qui tient une place prédominante dans tout ce qui touche à la mort, au même titre que le testament. Dans une société où l'offre satisfait la demande, on ne rechigne plus à faire part de ses dernières volontés à un conseiller funéraire afin de soulager les proches des démarches liées aux obsèques. Comprendre ce qu'est exactement la prévoyance funéraire est devenu une démarche d'anticipation aussi banale que la rédaction d'un testament.
Selon le baromètre Everlife 2025, 71 % des Romands citent les démarches administratives comme leur première préoccupation en cas de décès d'un proche, loin devant la dimension financière (28 %). Le souci principal n'est plus l'argent, c'est la charge mentale qui retombe sur la famille. Un constat qui explique pourquoi le contrat de prévoyance s'est imposé.
Seconde tendance, la crémation, plébiscitée à environ 90 % en Suisse. Les cimetières se vident, les concessions ne sont plus renouvelées et environ la moitié des cendres finissent dans un jardin du souvenir. Cela libère la famille de tous frais inhérents à la location d'un emplacement tout en proposant un lieu de repos bucolique. D'ailleurs, il n'est plus rare que les cimetières, autrefois réservés au repos des morts, deviennent des musées à ciel ouvert en accueillant des expositions d'art contemporain. Aujourd'hui, la mort se consomme autrement.
Des obsèques écoresponsables
Troisième tendance, des obsèques écoresponsables et de nombreux services émergent en ce sens. Le marché des urnes funéraires biodégradables se porte bien, en particulier les urnes qui se transforment en arbre. Les « forêts du souvenir » poussent un peu partout en Europe et des entreprises innovantes proposent de nouveaux concepts pour repenser le rite funéraire sans peser sur l'environnement.
En Suisse, l'humusation (un processus de décomposition rapide du corps par compostage) fait l'objet de débats. Plusieurs cantons s'y intéressent. Le législateur n'a pas encore tranché, mais le sujet revient dans les conversations comme une suite logique de l'écoresponsabilité appliquée à la fin de vie. Pour en savoir plus sur ce que dit la législation funéraire suisse à ce sujet, notre dossier complet fait le point.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : on vit plus longtemps, on meurt plus tard, et la mort se prépare désormais comme on prépare sa retraite. Quelle est la différence entre une assurance décès et une prévoyance funéraire ? La réponse n'est pas anecdotique pour qui veut vraiment protéger ses proches.
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