Ces résidences permettent de rester autonome tout en bénéficiant d'une aide continue pour les tâches du quotidien : ménage, repas, blanchisserie, etc. Mais attention, sous l'appellation « senior », on trouve trois réalités très différentes.
Résidence senior, IEPA ou EMS : quelle différence ?
Avant de préparer votre déménagement, il est important de comprendre vers quel type de structure vous vous dirigez et surtout le niveau d’accompagnement auquel vous aurez droit :
- L’immeuble avec encadrement pour personnes âgées (IEPA) ou logement adapté avec accompagnement (LADA) : appelées IEPA à Genève ou LADA dans le canton de Vaud, ce sont des structures dites « intermédiaires ». Vous vivez dans un appartement indépendant, mais avec une gérance sociale sur place en journée et un système d’alarme 24h/24. C’est l’idéal si vous craignez l’isolement ou si vous avez tendance à chuter régulièrement.
- Le logement pour personnes âgées autonomes : ici, pas d'encadrement social. Ce sont des appartements classiques avec des aménagements (douche à l'italienne, ascenseurs larges). Vous vivez comme avant, mais dans un cadre plus pratique.
- La résidence senior (le modèle privé) : souvent gérées par des groupes privés, elles offrent un standing hôtelier (restaurant, fitness, conciergerie). C'est un choix de confort pour ceux qui veulent des services « à la carte ».
- L’EMS : C'est une structure médicalisée pour les personnes nécessitant des soins constants. L’entrée s’y fait souvent sur avis médical et/ou en cas d’importante perte d’autonomie. Si vous envisagez de déménager dans une maison de retraite (EMS), il est essentiel d’anticiper ce changement avec l’équipe soignante, d’évaluer précisément les besoins médicaux et d’organiser le déménagement en tenant compte des contraintes liées à l’état de santé et au cadre institutionnel.
Se préparer intelligemment, ça s’anticipe
1. Clarifiez vos besoins réels
Déménager en résidence sénior ne se fait pas sur un coup de tête, c’est une décision qui se prépare. Et surtout, ce n’est pas une décision évidente à prendre. La plupart des séniors mêmes malades ou tributaires d’auxiliaires de vie ou de soins médicaux réguliers préfèrent reste dans le lieu de vie qui leur est familier… Donc avant même de penser au type de résidence, pensez à vous. Posez-vous les bonnes questions :
- Qu'est-ce qui vous pousse à ce changement ? (Solitude, coûts, maison trop grande, soucis médicaux ?)
- Quel budget réaliste ? (En Suisse romande : au minimum CHF 2 500 à 4 000/mois en moyenne)
- Quel niveau d’autonomie avez-vous aujourd'hui ?
- Qu'est-ce que vous ne voulez absolument pas perdre ?
- Souhaitez-vous plutôt vous orienter vers un logement autonome ou vers un logement communautaire ?
Notez vos réponses par écrit. Ce document sera utile à partager avec votre famille et au moment de démarcher des résidences.
2. En parler avec sa famille
Une transition bien vécue est souvent une transition partagée. Aborder le sujet avec ses proches permet de poser un cadre rassurant et d’éviter les malentendus. Il ne s’agit pas d’organiser une réunion formelle, mais plutôt d’un échange ouvert : exprimer ses besoins, ses peurs, ses attentes.
Impliquer la famille dans les visites de résidences, discuter ensemble de la logistique du tri des affaires ou du déménagement, réfléchir à la manière de maintenir des liens réguliers… Autant d’éléments qui favorisent l’adhésion et apaisent les inquiétudes de part et d’autre.
3. Recherchez les bonnes résidences
Pour trouver l’endroit qui vous correspond, il est conseillé de visiter plusieurs établissements, à différents moments de la journée. Observer l’ambiance, la qualité des échanges, la disponibilité du personnel, et surtout, prendre le temps de discuter avec les résidents. Il est aussi important de tenir compte de certains critères comme la localisation – proche de votre famille afin qu’elle puisse venir vous voir –, les tarifs – adaptés à votre budget et cohérents vis-à-vis du niveau de service proposé –, les services – adéquates par rapport à votre degré d’autonomie, le niveau de sécurité du logement et sa taille ainsi que la capacité de la structure à s’adapter à une évolution future de l’état de santé,
4. Planifiez un tri progressif
Passer d’une maison à un appartement de 60 à 90 m² voire moins implique des choix. Ce processus est souvent chargé d’émotions, et c’est parfaitement normal de ressentir une forme d’anxiété ou de la nostalgie. L’objectif n’est pas de tout abandonner, mais de conserver l’essentiel : les objets utiles, les souvenirs importants, ce qui donne du sens au quotidien. Le reste peut être vendu, donné ou transmis. Pour les documents et les photos, pensez à la numérisation ou à un espace de stockage en ligne.
5. Anticipez les changements futurs
Gardez à l’esprit qu’il se peut que vos besoins en matière d’accompagnement évoluent. Dès les premières démarches, vous devez vous les bonnes questions : la structure pourra-t-elle s’adapter si mon état de santé change ? Existe-t-il une continuité vers des soins plus importants ? Anticiper ces points permet d’éviter une transition précipitée et souvent plus difficile à vivre. Aussi, vous n’avez certainement pas envie de déménager à nouveau dans un laps de temps relativement court.
Finances, démarches et sérénité administrative
Les logements encadrés publics ou associatifs
Les logements encadrés publics ou associatifs (IEPA à Genève, LADA à Vaud, appartements protégés à Fribourg) offrent des loyers plafonnés et un encadrement social partiellement subventionné. À titre indicatif : à Genève, comptez entre CHF 700-850 pour un 2 pièces ou CHF 1 000-1 500 pour un 3 pièces, plus un forfait social de CHF 200-300. À Vaud, le total tourne autour de CHF 1 500-1 800/mois (loyer + forfait d'accompagnement obligatoire). À Fribourg, un appartement protégé coûte environ CHF 1 166 + CHF 300 de conciergerie sociale.
Les résidences seniors privées
Les résidences seniors privées offrent un cadre de vie « hôtelier » où le loyer inclut les charges, la sécurité 24h/24, et souvent l'accès aux repas et au ménage. La fourchette standard se situe entre CHF 3 500 et 5 500/mois pour une solution bien structurée. Dans les résidences haut de gamme (Montreux, Genève-ville), un 1 pièce commence à CHF 3 750, un 2 pièces à CHF 5 300, auxquels vous pouvez ajouter CHF 950/mois pour la pension complète. Certaines résidences très très haut de gamme dépassent CHF 10 000/mois pour des appartements de luxe avec services personnalisés.
Sur le plan administratif, préparer certains documents en amont : testament, mandat pour cause d’inaptitude, liste des documents importants, directives médicales anticipées, etc., reste fondamental pour un déménagement en toute sérénité.
Une décision importante pour améliorer sa qualité de vie
Déménager en résidence senior, ce n'est pas subir. Bien au contraire, c'est anticiper et construire. Vous simplifiez votre vie, vous vous assurez de maintenir un lien social. La clé du succès : c’est se préparer 6 à 12 mois de préparation sans urgence et surtout de bien penser à ce que vous voulez vraiment. Sachez également, que si vous n’en ressentez pas le besoin, il n’y a aucune obligation. Vous pouvez opter pour un logement en cohabitation intergénérationnelle ou recourir à des auxiliaires à domicile.