- Pour diriger une entreprise de pompes funèbres, la référence est le brevet fédéral, qui se prépare en emploi.
- Aucun diplôme n'est exigé de façon générale pour travailler dans les pompes funèbres. La plupart des métiers s'apprennent en emploi.
- La thanatopraxie s'apprend en France ou en Allemagne. Les exigences cantonales d'exercice sont à vérifier.
- L'Association Vivre Son Deuil Suisse forme à l'accompagnement du deuil .
- Les doulas de fin de vie se forment en Suisse depuis 2019, auprès d'organismes privés.
- Les célébrants laïques disposent aussi de formations dédiées.
Tableau comparatif des différentes formations funéraires en Suisse
Domaine | Formation ou parcours | Public concerné |
| Pompes funèbres | Brevet fédéral d'entrepreneur ou d'entrepreneuse de pompes funèbres | Responsables, dirigeants et professionnels expérimentés |
| Métiers des pompes funèbres | Apprentissage en emploi, certificat de l'Association suisse des services funéraires (ASSF) | Conseillers funéraires, employés et agents funéraires |
| Accompagnement du deuil | Formation « Deuil et accompagnement » de l'Association Vivre Son Deuil Suisse | Professionnels et bénévoles qui accompagnent des personnes endeuillées |
| Thanatopraxie | Diplôme suivi à l'étranger, en France ou en Allemagne | Thanatopracteurs et professionnels des soins aux défunts |
| Cérémonies | Formation de célébrant laïque | Célébrants et personnes qui conduisent des cérémonies d'adieu |
| Marbrerie et sépultures | CFC de marbrier, sans spécialisation mortuaire | Professionnels de la pierre et de l'aménagement funéraire |
Le brevet fédéral d'entrepreneur de pompes funèbres
Le brevet fédéral est la formation de référence pour diriger une entreprise funéraire. Il se prépare en emploi, par modules, avec des cours organisés par l'ASSF en français dans la région genevoise.
Pour se présenter à l'examen, il faut un CFC ou un titre équivalent, puis 3 ans à plein temps dans une entreprise de pompes funèbres ou 5 ans dans une entreprise de services funéraires. Le certificat de l'ASSF est un prérequis pour suivre les modules du brevet.
Le programme va de l'accueil des familles aux formalités administratives et légales, en passant par les soins aux défunts, les transferts en Suisse et à l'étranger, l'organisation des cérémonies et des inhumations, la prévoyance funéraire et la gestion d'entreprise.
Le brevet n'est pas obligatoire pour exercer ou ouvrir une entreprise de pompes funèbres en Suisse, et il divise la profession. Les règles varient aussi d'un canton à l'autre : renseignez-vous auprès du canton concerné avant de vous lancer.
Camille Béguin, thanatopractrice, trouve l'accès au métier peu encadré : « N'importe qui peut ouvrir une pompe funèbre, c'est peu régulé », relevait-elle en 2022. Elle décrit pourtant un métier « extrêmement complexe et varié », qui demande de la psychologie, de la technicité pour les soins, du travail administratif et de l'organisation.
Des métiers qui s'apprennent sur le terrain
En dehors du brevet, les formations propres au domaine de la mort sont rares. En 2022, l'Office d'orientation scolaire du Valais précisait que le CFC de marbrier n'a pas de spécialité mortuaire. Sa conseillère ajoutait : « À ma connaissance, à part le Brevet Fédéral, il n'y a pas de formations spécifiques au domaine de la mort ».
Les entreprises recrutent donc souvent des gens venus d'un autre métier, des ferblantiers CFC par exemple, qui décident de se lancer. Certains démarrent même à titre accessoire : l'office valaisan citait un conducteur de camion installé en parallèle. « C'est encore un métier qui s'apprend généralement sur le tas », concluait la conseillère.
Ceux qu'on désigne parfois comme croque-morts doivent faire preuve d'un grand nombre de qualités : de l'écoute pour les familles, de la rigueur pour l'administratif et de la technique pour les soins et les transferts. Il faut aussi savoir coordonner une cérémonie en respectant les convictions du défunt.
Thanatopraxie : une formation suivie à l'étranger
La thanatopraxie regroupe les soins de conservation, de présentation et de restauration du corps. L'offre de formation dédiée est limitée en Suisse : les praticiens se forment à l'étranger, en France ou en Allemagne.
En France, le diplôme national de thanatopracteur existe depuis 1994 et il est exigé pour exercer. Il comprend au moins 195 heures de théorie, puis une formation pratique d'au moins 100 soins de conservation.
Camille Béguin s'est formée en France, où, relève-t-elle, « il existe depuis longtemps, toute une série de formations spécifiques à chaque métier du domaine mortuaire, visées par l'État et souvent à valeur obligatoire ». En 2022, elle comptait 4 thanatopracteurs actifs en Suisse : 2 en Suisse romande, 1 au Tessin et 1 en Suisse alémanique.
Le soin d'embaumement dure de 1 h 30 à 2 heures. Les pompes funèbres le proposent parfois et contactent alors le thanatopracteur. Les soins internes remplacent le sang par un liquide de conservation. Ils servent aux transports du corps vers ou depuis l'étranger et dans d'autres situations, rappelle Camille Béguin : « beaucoup de personnes décèdent déshydratées, car elles ne buvaient plus et ne s'alimentaient plus sur la toute fin de vie. La thanatopraxie réhydrate le corps et tonifie la peau. [...] Si la personne décède d'un infarctus et peut avoir un aspect plus violacé, les soins peuvent le gommer et redonner un aspect plus apaisé ».
Se former à l'accompagnement du deuil
L'accompagnement des endeuillés a beaucoup évolué depuis une trentaine d'années, avec les travaux de psychologie appliquée au deuil. En Suisse romande, ceux de Rosette Poletti font référence.
L'Association Vivre Son Deuil Suisse propose la formation « Deuil et accompagnement », reconnue par la Fédération européenne Vivre Son Deuil et ouverte aux professionnels comme aux bénévoles. Elle compte 18 modules répartis sur 8 week-ends. On y travaille le deuil normal, compliqué ou pathologique, le deuil périnatal, le deuil après suicide, le deuil d'un enfant, le deuil blanc, les différences culturelles face à la mort et le repérage des complications.
La volée 2026-2028 se déroule à Yverdon-les-Bains et débouche sur un certificat. Le coût annoncé est de CHF 3'500 pour l'ensemble du parcours, hors repas et logement. Elle intéresse les conseillers funéraires, les accompagnants de fin de vie, les travailleurs sociaux, les psychologues, les aumôniers, les célébrants laïques et les bénévoles.
D'autres formations existent. Des hautes écoles de santé, comme la HEdS-FR à Fribourg, proposent des journées de formation continue sur le deuil, et Unisanté et la HETSL ont un cours en ligne sur le deuil dans le monde du travail.
Doula de fin de vie : le métier de thanadoula
La doula de fin de vie, aussi appelée thanadoula, accompagne les personnes en fin de vie et leurs proches, avant et après le décès, en complément des équipes de santé. Faire appel à une thanadoula en Suisse donne accès à un soutien non médical, fait d'écoute et de présence.
Une formation de doula de fin de vie existe en Suisse depuis 2019, auprès d'organismes privés. L'Association Doulas de Fin de Vie Suisse propose de la formation continue à ses membres et n'assure pas la formation de base.
Devenir célébrant laïque
Les célébrants laïques conduisent les cérémonies d'adieu hors de tout cadre religieux. Plusieurs formations existent, comme celle de Sandra Widmer Joly, cofondatrice de Ceremoniae, que l'Office genevois pour l'orientation et la formation professionnelle cite dans un article d'octobre 2025.
Les célébrations laïques offrent un hommage sur mesure au défunt et à sa famille.
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