Si certaines pratiques comme l’humusation (compostage du corps) ou l’aquamation (dissolution par eau alcaline) ne sont pas encore autorisées en Suisse, de nombreuses solutions écologiques émergent pour réduire son empreinte carbone, même après la mort.
L’urne funéraire biodégradable fait partie de ces alternatives respectueuses de l’environnement. Conçue à partir de matériaux naturels, elle permet un retour à la terre sans laisser de trace polluante. Mais comment fonctionne une urne biodégradable ? Quels sont les différents types disponibles ? Où peut-on disperser ou enterrer les cendres en Suisse ? Voici tout ce qu’il faut savoir.
Qu’est-ce qu’une urne biologique ?
Une urne biodégradable ou « urne écologique » est une urne funéraire conçue à partir de matériaux naturels qui se décomposent naturellement sans laisser de trace polluante dans l’environnement. Contrairement aux urnes traditionnelles en céramique, en pierre, en bronze ou en fibre de verre qui persistent pendant des décennies, l’urne biologique se dissout progressivement dans la terre ou dans l’eau.
C’est une alternative écologique qui permet d’honorer la mémoire du défunt tout en respectant ses valeurs environnementales. Pour les personnes sensibles à la protection de la nature de leur vivant, choisir une urne biodégradable est une façon cohérente de poursuivre cet engagement au-delà de la vie.
Comment fonctionne une urne biodégradable ?
Le principe d’une urne biodégradable repose sur sa capacité à se décomposer naturellement grâce aux processus biologiques. Une fois en contact avec la terre, l’eau ou l’air, les matériaux organiques qui composent l’urne commencent à se transformer sous l’action des micro-organismes, de l’humidité et du temps.
La durée de décomposition varie selon le matériau utilisé et les conditions environnementales :
- Une urne en carton ou papier mâché se décompose en quelques mois dans la terre, et en quelques heures seulement si elle est immergée dans l’eau
- Une urne en argile non émaillée ou en sable se dissout rapidement au contact de l’humidité
- Une urne en bois (sapin, chêne) prend plusieurs années pour se décomposer complètement, offrant une transition plus lente vers le retour à la nature
L’important est que ces urnes ne laissent aucun résidu polluant. Les cendres du défunt, composées principalement de sels minéraux et de calcium, se mêlent progressivement au sol et enrichissent la terre de manière naturelle. Certaines urnes, comme l’urne Bios, sont même conçues pour faire pousser un arbre à partir des cendres, transformant ainsi le deuil en un symbole de vie nouvelle.
Quels sont les types d’urnes écologiques ?
Il existe aujourd’hui une large gamme d’urnes biologiques adaptées à différents besoins, budgets et sensibilités esthétiques.
Voici les principaux types disponibles :
Urne en carton ou papier mâché
Fabriquée à partir de fibres recyclées, cette urne est légère, économique et se décompose très rapidement. Elle est idéale pour une dispersion en mer ou dans un lac, car elle se dissout en quelques heures au contact de l’eau. Sur terre, elle se décompose en quelques mois. C’est l’option la plus accessible, avec des prix débutant autour de CHF 50.- à 100.-.
Urne en bois naturel
Conçue à partir de bois non traité comme le sapin, le chêne ou le bouleau, cette urne offre un aspect noble et chaleureux. Elle se décompose lentement (plusieurs années) et convient particulièrement à une inhumation dans un cimetière ou un jardin privé. Son coût varie entre CHF 150.- et 400.- selon l’essence de bois et la finition.
Urne en argile ou céramique non émaillée
Fabriquée à la main à partir d’argile naturelle, cette urne funéraire bio offre un design élégant et artisanal. Elle retourne à la terre en quelques années et peut être personnalisée avec des motifs ou des couleurs naturelles. Prix moyen : CHF 200.- à 500.-.
Urne en sable ou sel
Composée de sable compacté ou de sel, cette urne hydrosoluble se dissout très rapidement au contact de l’eau, ce qui la rend parfaite pour une dispersion en mer. Elle laisse les cendres se mêler naturellement aux éléments. Elle est souvent proposée entre CHF 80.- et 150.-.
Urne-arbre (Urne Bios)
C’est l’urne la plus symbolique : elle contient non seulement les cendres du défunt, mais aussi une graine d’arbre (chêne, érable, pin, etc.). Une fois enterrée, l’urne se décompose et nourrit la graine qui pousse et devient un arbre vivant. C’est une façon poétique de transformer la mort en vie nouvelle. Prix : CHF 150.- à 300.-.
Où disperser ou enterrer une urne biologique en Suisse ?
En Suisse, la réglementation concernant les cendres est relativement souple, ce qui offre une grande liberté de choix pour les familles.
Dispersion dans la nature
Il est légalement autorisé de disperser les cendres dans la nature (forêt, montagne, lac, rivière) à condition que cela ne se fasse pas sur un terrain privé sans autorisation et sans gêne pour les tiers. Cette liberté permet de choisir un lieu qui avait une signification particulière pour le défunt : une montagne qu’il aimait, un lac au bord duquel il se promenait, une forêt où il trouvait la paix.
Jardin du souvenir au cimetière
De nombreux cimetières suisses disposent d’un jardin du souvenir spécialement aménagé pour la dispersion ou l’inhumation d’urnes biodégradables. C’est un espace naturel, souvent fleuri et arboré, qui offre un lieu de recueillement collectif pour les familles.
Inhumation dans un cimetière
Vous pouvez également choisir d’enterrer l’urne biologique dans une tombe au cimetière, qu’il s’agisse d’une tombe individuelle ou d’un caveau familial. L’urne se décomposera progressivement dans la terre.
Espace privé
Avec l’accord du propriétaire, il est possible d’enterrer une urne biodégradable dans un jardin privé ou un espace naturel familial. C’est une option particulièrement appréciée pour les urnes-arbres, qui transforment le lieu en un mémorial vivant.
Le choix du lieu de dispersion ou d’inhumation doit idéalement être anticipé et consigné dans les volontés du défunt. Cela évite aux proches d’avoir à deviner ce qui aurait plu à la personne disparue.
Comment choisir une urne funéraire biologique ?
Le choix d’une urne biologique dépend de plusieurs critères pratiques et symboliques :
- Selon le type de dispersion ou d’inhumation : Une urne en carton convient pour une dispersion en mer, tandis qu’une urne en bois est plus adaptée à une inhumation dans un cimetière. Une urne-arbre nécessite un espace de terre pour permettre à la graine de pousser.
- Selon les matériaux : Si le défunt était particulièrement attaché au bois, à la céramique ou à un matériau spécifique, ce choix peut être un dernier hommage respectueux de ses goûts.
- Selon le design : Les urnes biologiques existent dans une large gamme de formes, couleurs et motifs. Certaines sont sobres et épurées, d’autres ornées de fleurs, de motifs naturels ou de couleurs douces. Ce choix esthétique peut refléter la personnalité du défunt.
- Selon le budget : Les prix varient de CHF 50 pour une urne simple en carton à CHF 500 pour une urne artisanale en céramique ou une urne-arbre haut de gamme.
- En accord avec les valeurs écologiques : L’urne biologique est avant tout un choix de cohérence. Si le défunt était engagé pour l’environnement, cette option honore ses convictions jusqu’au bout.
Il est également possible d’anticiper ce choix dans le cadre d’une prévoyance funéraire. En consignant vos souhaits concernant le type d’urne, le lieu de dispersion et le budget prévu, vous soulagez vos proches de cette décision et vous assurez que vos volontés seront respectées en particulier si vous souhaitez des obsèques écologiques !