Sujets d'informations Les rites funéraires et les cérémonies en Suisse

Les rites funéraires et les cérémonies en Suisse

Alexandra Rodriguez

Alexandra Rodriguez

“Alexandra Rodriguez accompagne les familles chez Everlife.ch dans la planification de leurs obsèques. Son objectif : alléger la charge mentale et émotionnelle des proches en mettant la vie – et les volontés de chacun – au cœur de la prévoyance funéraire.”

Publié le 04 juillet 2022 • Mis à jour le 11 mai 2026

5 / 5

5 min de lecture

L'essentiel en bref
  • En Suisse, deux grandes familles de cérémonies funéraires coexistent : laïque (sans référence religieuse) et religieuse (catholique, protestante, musulmane, juive, orthodoxe).
  • Les cérémonies laïques montent en puissance, en lien avec la part croissante de Suisses sans appartenance religieuse (un quart de la population).
  • 93 % des décès en Suisse donnent lieu à une crémation, indépendamment du type de cérémonie choisi.
  • Anticiper le choix de la cérémonie soulage les proches d'une décision intime à prendre dans les 48 heures suivant le décès.

Au moment du décès, un choix à faire en 48 heures

Quand un proche décède, les familles disposent en moyenne de 48 heures pour décider du type de cérémonie. Religieuse ou laïque ? En présence du corps ou après crémation ? Église, chapelle, salle de recueillement, plein air ?
 

Ces décisions touchent à l'intime. Elles engagent une histoire, des convictions, une mémoire. Elles se prennent dans un moment où la peine ne laisse pas toujours la clarté nécessaire.
 

Laïque ou religieuse : deux approches, une même vocation

La première chose à comprendre est que ces deux types de cérémonie ne s'opposent pas. Ils répondent à des besoins différents, à des convictions différentes, à des histoires différentes.

 

  • Une cérémonie religieuse s'inscrit dans le cadre d'une foi et d'une tradition spirituelle. Elle est officiée par un représentant religieux (prêtre, pasteur, imam, rabbin, prêtre orthodoxe) et suit un rituel établi qui donne un cadre symbolique au départ. Pour beaucoup de familles, ce rituel apporte un réconfort : il dit que la mort n'est pas une fin, c'est un passage.
  • Une cérémonie laïque, aussi appelée cérémonie civile ou cérémonie d'adieu, ne fait appel à aucune référence religieuse. Elle est centrée sur la vie de la personne disparue : qui elle était, ce qu'elle aimait, ce qu'elle laisse. Elle peut se tenir dans un centre funéraire, en plein air, dans un lieu chargé de souvenirs. Un célébrant laïc accompagne la famille pour co-construire un moment unique.
     

Ces deux approches ont la même vocation : permettre aux proches de faire leurs adieux avec dignité, de se rassembler, de commencer leur chemin de deuil.

La cérémonie laïque : liberté totale, hommage sur mesure

La cérémonie laïque est de plus en plus choisie par des familles souhaitant un hommage personnalisé, sans cadre religieux. Elle offre une liberté totale dans l'organisation : musique, lectures, témoignages, projections de photos, moments de silence, moments plus légers. Tout est possible, rien n'est imposé.
 

Le déroulement type d'une cérémonie laïque comprend :

 

  • Des témoignages de proches, librement choisis
  • Des interventions du maître de cérémonie qui structure le moment. 
  • Des lectures : poèmes, textes personnels, extraits littéraires, éloges funèbres
  • De la musique, choisie selon les goûts de la personne
  • Un temps de recueillement ou de silence
  • Une verrée du souvenir, organisée après la cérémonie

 

Ce qui rend la cérémonie laïque particulièrement précieuse, c'est qu'elle peut parler à tout le monde : aux croyants, aux agnostiques, aux athées. Elle peut réunir des personnes de confessions différentes. Elle ne demande aucune appartenance, seulement la volonté de rendre hommage à une vie.
 

La célébrante laïque Sandra Widmer Joly observe une tendance de fond : « Beaucoup de gens aspirent à sortir des dogmes, mais les gens restent attachés à une forme de spiritualité. » Cette demande de sens, hors des cadres religieux traditionnels, structure une part croissante des cérémonies en Suisse romande.

Ils ont choisi la prévoyance Everlife

Ce sont les familles qui en parlent le mieux

  • Vos volontés respectées
  • Un accompagnement humain et bienveillant
  • Une sérénité retrouvée pour l'avenir

Les cérémonies religieuses par confession

Chaque religion porte ses propres rites funéraires, ses symboles, ses façons d'accompagner le départ. Voici les grandes lignes pour les principales confessions représentées en Suisse romande.

La cérémonie catholique

La messe de requiem est le rite central des funérailles catholiques. Elle se tient à l'église, officiée par un prêtre. Elle comprend des lectures bibliques, des prières, des chants religieux, l'encens et l'eau bénite. Le corps est présent, dans un cercueil qui peut être ouvert ou fermé.
 

L'inhumation a longtemps été préférée à la crémation chez les catholiques. Depuis le décret de 1963 de la Saint-Office, la crémation est tolérée à condition que la motivation ne soit pas contraire à la foi chrétienne. Aujourd'hui, la majorité des familles catholiques en Suisse romande optent pour la crémation, même quand la cérémonie reste religieuse.
 

Une veillée funéraire peut précéder la messe, organisée au domicile avec les proches. Cette tradition tend à disparaître, elle reste pratiquée dans certains cantons comme le Valais ou Fribourg.

La cérémonie protestante

Les protestants se distinguent par une plus grande sobriété. La cérémonie, officiée par un pasteur, est centrée sur les vivants et leur deuil. Le protestantisme considère que les prières n'ont pas d'impact sur la destinée du défunt : l'office s'adresse donc aux proches présents.
 

Il n'y a pas de bénédiction du corps. Le déroulement est flexible selon les courants réformés et peut intégrer des éléments personnalisés. La crémation est plus facilement acceptée dans la tradition protestante que dans la tradition catholique historique.

La cérémonie musulmane

Les funérailles islamiques suivent un protocole précis, dicté par la loi religieuse. Dès le décès, le corps est lavé rituellement (la toilette mortuaire) par des personnes de même sexe, souvent membres de la communauté. Le défunt est placé dans un linceul blanc.
 

La prière funéraire, la Salat al-Janaza, est récitée en groupe. L'inhumation doit avoir lieu le plus rapidement possible, idéalement dans les 24 heures. En Suisse, les formalités administratives rendent ce délai difficile à tenir, ce qui constitue un point de friction connu pour les familles musulmanes.
 

Le défunt est enterré sur le côté droit, orienté vers La Mecque. La crémation est interdite dans l'islam. Plusieurs cimetières en Suisse proposent désormais des carrés dédiés aux musulmans, comme à Bremgarten dans le canton de Berne.
 

La cérémonie juive

Le judaïsme accorde une importance capitale à la rapidité de l'inhumation, qui doit avoir lieu dans les 24 heures suivant le décès, sauf empêchement majeur. Le corps ne doit pas être laissé seul : il est veillé en permanence jusqu'à l'enterrement par la Chevra Kadisha, société de bienfaisance funèbre.
 

Le cercueil est simple, en bois non verni, pour permettre au corps de retourner à la terre. La crémation est interdite dans le judaïsme orthodoxe. Après l'enterrement commence la Shiva, une période de deuil de sept jours durant laquelle la famille reçoit les condoléances chez elle.

La cérémonie orthodoxe

Les funérailles orthodoxes ressemblent aux funérailles catholiques dans leur structure, avec une richesse symbolique et liturgique plus marquée. La veillée funèbre, la Panikhida, occupe une place centrale. Le corps est présent, dans certaines traditions le cercueil reste ouvert.
 

Des offices religieux sont célébrés à l'église, avec chants byzantins, encens et icônes. L'inhumation est la norme ; la crémation est généralement interdite.

Comment les pratiques évoluent en Suisse ?

Le paysage des cérémonies funéraires suisses s'est profondément transformé sur les quatre dernières décennies. Une analyse de l'Office fédéral de la statistique publiée en 2019 documente ce mouvement.
 

Le catholicisme recule : de 42 % à 36 % de la population résidente. Le protestantisme s'effondre : divisé par deux sur la même période, passant d'une moitié à un quart des résidents. Les Suisses sans appartenance religieuse, quasi inexistants en 1970, étaient encore 12 % en 2000 et représentent désormais un quart de la population. L'islam, encore minoritaire (5,2 %), se structure et obtient progressivement des espaces dédiés dans les cimetières.
 

Le sociologue Bertrand Crettaz analyse une rupture dans les années 1950-60 : « On a commencé à faire partir le corps hors de la maison familiale, dans le centre funéraire, et les familles ont là perdu un savoir-faire mortuaire, si bien qu'elles l'ont confié entièrement aux entreprises funéraires. »
 

Plus récemment, il observe un retour aux rites sous une forme nouvelle : « Le retour des rites est un phénomène complexe, qui s'explique par des sociétés désemparées où les grandes religions traditionnelles se sont effondrées. La demande des rites, c'est un peu aujourd'hui la demande du sens. »
 

La thanatologue Alix Noble Burnand parle d'un syncrétisme assumé : « Aujourd'hui le syncrétisme est complet, avec une fascination pour les autres manières de croire et de pratiquer. Il y a un refus des pratiques enfermantes. »
 

Concrètement, cela donne ce que Crettaz appelle un « bricolage rituel gigantesque » avec photos, vidéos, musique, où la difficulté n'est plus l'absence de rite, c'est l'excès qu'il faut canaliser et structurer.
 

Crémation ou inhumation : le grand basculement 

La quasi-généralisation de la crémation est l'autre transformation majeure. Aujourd'hui en Suisse :

 

  • Neuchâtel : taux de crémation autour de 97 %
  • Lausanne : 95 %
  • Genève : 85 %
  • Moyenne nationale : environ 93 %

 

Ce basculement est récent. En 1984, seul un Suisse sur deux choisissait la crémation. Le mouvement hygiéniste suisse du XIXe siècle (création de la Société vaudoise de crémation) a posé les bases, la généralisation date des années 1980-1990.
 

La crémation s'impose pour plusieurs raisons : impact écologique réduit, coût souvent inférieur à l'inhumation, plus grande tolérance de la législation suisse sur la dispersion des cendres, absence de tombe à entretenir pour les proches.

Cas particuliers à connaître

  • Personne sans confession qui souhaite une cérémonie religieuse : c'est possible dans plusieurs communes suisses, sur demande des proches et soumis à l'accord de l'église concernée. Des frais supplémentaires peuvent s'appliquer si la personne n'a pas payé ses impôts paroissiaux.
  • Aucune cérémonie souhaitée : organiser des funérailles n'est pas obligatoire en Suisse. Un adieu sous une forme libre et personnelle reste tout à fait possible.
  • Dispersion des cendres dans la nature : autorisée en Suisse à condition de respecter les dispositions cantonales sur la protection des eaux et de la santé. Pour les options de sépulture après crémation, consultez notre article sur le jardin du souvenir.
     

Préparez l'avenir en toute sérénité

Soulagez vos proches des décisions difficiles et des charges financières en organisant tout dès aujourd'hui.

  • Un accompagnement aux démarches administratives
  • Vos fonds sécurisés
  • Dès CHF 12.90 par mois

Questions fréquentes sur les cérémonies funéraires

La cérémonie religieuse se déroule dans un lieu de culte selon les rites d'une confession. La cérémonie civile se tient sans référence religieuse et laisse une totale liberté dans le format.

Oui, les cérémonies laïques sont autorisées et de plus en plus fréquentes. Elles ne comportent pas de référence religieuse. Elles offrent une grande liberté de personnalisation.

Oui, la cérémonie peut être personnalisée selon les souhaits du défunt. Textes, musiques ou gestes symboliques peuvent être choisis. Cela permet une cérémonie plus fidèle à la personne.

En Suisse, la cérémonie a généralement lieu entre trois et sept jours après le décès. Le délai dépend des cantons et des souhaits exprimés. Il peut varier selon la situation.

Dans plusieurs communes suisses, c'est possible sur demande des proches. L'église concernée donne son accord et peut facturer des frais supplémentaires si la personne ne payait pas d'impôt paroissial.

Non. Elle est interdite dans l'islam et le judaïsme orthodoxe. Elle est tolérée par le catholicisme depuis 1963. Elle est largement acceptée dans le protestantisme. Elle est généralement interdite dans l'orthodoxie chrétienne.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Restez informé

Recevez nos derniers conseils et actualités sur la prévoyance.