Trouver du soutien face à un deuil

En général assuré par la famille et les amis proches, le soutien moral et psychologique aux personnes frappé par le deuil peut également s’appuyer sur une aide extérieure. Associations, praticiens médicaux ou para-médicaux, ou encore thérapie par l’art peuvent se combiner et permettre de trouver les voies d’expression les mieux appropriées à chacun.

L’association «Vivre son deuil», active depuis plus de 20 ans en Suisse, propose des séminaires, conférences, groupes de soutien mais également une ligne d’écoute pour personnes en détresse. Sa fondatrice n’est autre que la psychothérapeute renommée Rosette Poletti, spécialiste du deuil remarquée dans toute la francophonie au travers de ses nombreux ouvrages dont «Vivre son deuil et croitre» (Jouvence, 2003). «L’écoute est la base de tout, rappelle-t-elle. Il faut comprendre l’état de la personne pour savoir quelle réponse y apporter. Dans un tout premier temps, quand la chose arrive, ça peut-être un geste physique, prendre la personne dans les bras, une main sur l’épaule. On l’installe. Ce n’est que plus tard que la personne pourra éventuellement dire ou manifester une émotion, puis développer une capacité à raconter. Il pourra être alors important de raconter plusieurs fois».

Rosette Poletti a longtemps enseigné les cinq étapes du deuil -déni, colère marchandage, dépression, acceptation- selon le modèle Kubler-Ross, alors référence dans l’approche psychologique de la question. Une segmentation dont elle revient: «Tout le monde ne traverse pas toujours ces cinq étapes, ça dépend de la situation, mais aussi de la préparation de chacun. On vise cependant toujours une forme d’acceptation, d’abord du fait que ça s’est produit, ensuite une acceptation générale que la mort fait partie de la vie».

Rosette Poletti anime également des «cafés deuil», un format dont elle relève les avantages : «A la différence d’associations où il faut s’engager, parfois pour une durée minimale, ici l’accès est libre, ça se passe dans un lieu public comme un café. On peut venir sans inscription, soit partager un témoignage, soit simplement observer. Une fois, à Martigny, une dame qui n’avait pas pris la parole de la soirée est venue me voir à la fin et m’a dit: «J’ai entendu les gens qui partageaient ce qu’ils vivaient. Maintenant, je suis soulagée, je sais que je suis normale». La spécialiste estime que le recours à un psychologue n’est souvent «pas nécessaire» si la famille et les proches assument le soutien, sauf dans des cas particulièrement difficiles où l’on est loin de ses proches ou bien si l’on fait face à un suicide ou à la perte d’un enfant.

Thérapie par l’art

D’autant plus que se développent des formes alternatives d’accompagnement du deuil telles que l’art thérapie. Anouk Troyon organise à Echallens (VD) des sessions de groupe ou individuelles autour des arts plastiques, peinture et sculpture. «On demande à la personne de venir avec une photo ou autre chose qui lui rappelle le défunt. On essaie de voir d’abord quelle couleur ou matière lui viennent en premier». Mettre en mouvement la vie créatrice permet de reconnecter la personne avec ses émotions et son intériorité. Le travail de l’argile se révèle particulièrement puissant : «L’argile est déjà forte, lourde de sens. Elle ramène aux racines, à la terre ou l’on retourne. Je ne la propose pas toujours d’emblée».

De trois séances en groupe de 5 à 20 en individuel, la thérapie peut se conclure par un rituel de fin. «Par exemple une création en argile qu’on place dans la rivière et qui se dissout. Cela peut marquer un jalon dans le cheminement de la personne», relève Anouk Troyon. Et de rappeler: «Le deuil est une étape de vie».

Lien utile

Deuils.org fournit une liste de spécialiste de tous domaines pour un soutien ou un accompagnement lors du deuil.

Catégorie
En cas de décès
Publié le
2 mars 2020
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