Sujets d'informations Donation ou héritage : arbitrer selon sa situation familiale

Donation ou héritage : arbitrer selon sa situation familiale

Alexandra Rodriguez

Alexandra Rodriguez

“Alexandra Rodriguez accompagne les familles chez Everlife.ch dans la planification de leurs obsèques. Son objectif : alléger la charge mentale et émotionnelle des proches en mettant la vie – et les volontés de chacun – au cœur de la prévoyance funéraire.”

Publié le 02 octobre 2025 • Mis à jour le 27 mai 2026

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Transmettre votre patrimoine est un geste qui protège vos proches. C'est aussi une décision aux conséquences juridiques et fiscales concrètes.

 

En Suisse, les règles diffèrent d'un canton à l'autre. Ce que vous paierez pour une donation ou une succession dépend de votre lieu de résidence et du lien de parenté avec le ou les héritiers. Bien connaître ces implications vous permet d'organiser votre transmission de façon éclairée, équitable et fiscalement réfléchie.

Quelles sont les différences entre donation et héritage ?

La donation transmet un bien de votre vivant. Elle se formalise généralement par un contrat notarié et repose sur la valeur vénale des biens concernés.

 

C'est un acte à titre gratuit, sans contrepartie. Elle doit respecter certaines limites. Si elle empiète sur la réserve héréditaire, la part minimale garantie aux héritiers légaux, ces derniers peuvent exercer une action en réduction pour faire valoir leurs droits.
 

L'héritage, lui, prend effet au moment du décès. Le partage des biens suit alors les règles du droit successoral suisse, avec la réserve héréditaire et la quotité disponible.
 

Vous pouvez modifier cette répartition par testament ou pacte successoral. Le pacte successoral est un contrat signé devant notaire, dans lequel vous convenez avec vos héritiers de dispositions à l'avance. Contrairement au testament, il engage toutes les parties et ne peut être modifié unilatéralement. Il sert souvent à préserver la paix familiale et à éviter les litiges après le décès.

Comment déclarer une donation ou un héritage en Suisse ?

Une fois la donation réalisée, vous ou le donataire devez en général la déclarer auprès de l'administration cantonale des impôts compétente. Dans de nombreux cantons, les biens mobiliers (liquidités, titres) relèvent du canton de domicile du donateur. Les biens immobiliers relèvent du canton où ils sont situés.
 

Au moment du décès, la déclaration de succession se dépose dans le canton du domicile du défunt. Si des biens immobiliers se trouvent dans d'autres cantons, ceux-ci peuvent être imposés localement selon leur valeur vénale.
 

L'administration fiscale applique ensuite les barèmes cantonaux pour calculer l'impôt sur les successions ou sur les donations.

Quels sont les droits des héritiers ?

Vous ou vos enfants êtes héritiers légaux. Vous bénéficiez d'une réserve héréditaire, une portion minimale qui ne peut vous être retirée. Le reste, la quotité disponible, peut être distribué librement via donation ou disposition testamentaire.
 

Si vous avez fait une donation à l'un de vos enfants de votre vivant, cette somme doit en principe être rapportée à la succession pour assurer l'égalité entre héritiers.
 

Un héritier peut renoncer à la succession ou l'accepter sous bénéfice d'inventaire, selon les règles cantonales. Pour comprendre ce qui se passe quand rien n'a été organisé, voir notre article sur la succession sans testament.

Comment fonctionne l’impôt sur les donations et les successions en Suisse ?

À la différence d'autres pays, la Suisse ne prélève pas d'impôt fédéral sur les successions ou donations. Ces impôts sont cantonaux.

 

Tous les cantons, sauf Schwyz et Obwald, prélèvent un impôt sur les successions. Pour les donations, certains cantons exonèrent les enfants ou petits-enfants (donations en ligne directe). D'autres imposent même ces transferts.
 

Quelques exemples concrets :

 

  • Vaud : les donations aux enfants restent exonérées si elles n'excèdent pas 300'000 francs par année civile à partir du 1er janvier 2025.
  • Neuchâtel : les taux varient selon le degré de parenté. 3 % pour les enfants, 15 % pour les frères et sœurs, jusqu'à 26 % pour des personnes plus éloignées.

 

Beaucoup de cantons ne distinguent pas fiscalement donation et héritage : les taux des successions s'appliquent aussi aux donations. L'impôt est prélevé dans le canton de domicile du défunt, sauf disposition particulière pour les biens immobiliers situés dans un autre canton.

Quels sont les avantages d’une donation anticipée ?

Faire une donation vous permet de transmettre tout ou partie de votre patrimoine selon vos volontés, en soutenant concrètement vos proches de votre vivant. Vous pouvez aider un enfant à financer ses études, accompagner un projet immobilier ou rééquilibrer les parts entre plusieurs héritiers.

 

En anticipant, vous réduisez le risque de conflit familial. Dans de nombreux cantons, vous bénéficiez d'exonérations fiscales intéressantes, en particulier pour les donations en ligne directe. Cela permet aussi de mieux gérer l'impact fiscal global de la transmission.

 

Une donation ne doit pas compromettre votre sécurité financière. En cas de maladie, de dépendance ou de grosses dépenses, il faut conserver une marge de manœuvre suffisante.

 

Attention : une donation anticipée peut créer des tensions si tous les membres de la famille ne sont pas traités de la même manière. Réfléchissez à votre stratégie de transmission, parlez-en avec les bénéficiaires et entourez-vous d'un notaire pour formaliser un contrat juste pour tout le monde. Pour aller plus loin sur cette logique, consultez notre guide sur la transmission de patrimoine.

Le générateur de testament Everlife : un outil pour vous aider

Pour organiser votre succession de façon claire et obtenir un document valable, le générateur de testament Everlife est disponible dans votre espace personnel sécurisé. À travers une série de questions sur votre situation familiale, patrimoniale et vos volontés, il produit un projet de testament personnalisable.

 

Cet outil aide à éviter les erreurs de forme, notamment sur la réserve héréditaire, la quotité disponible ou la désignation d'un légataire hors cercle familial. Il ne remplace pas les conseils d'un notaire. Il vous permet de clarifier vos intentions avant une démarche plus formelle.

 

Une fois votre projet finalisé, recopiez-le de manière manuscrite pour qu'il soit valable. 

Comment planifier efficacement votre succession ?

Pour construire une stratégie équilibrée voici 6 conseils à appliquer :

 

  1. Évaluez la valeur vénale de vos biens (immobilier, titres, liquidités, objets).
  2. Vérifiez la fiscalité de votre canton, y compris les seuils d'exonération et les taux appliqués aux non-parents.
  3. Tenez compte de votre régime matrimonial et de votre contrat de mariage, qui peuvent influencer la répartition.
  4. Rédigez un acte notarié ou un pacte successoral pour formaliser la donation ou les dispositions de succession.
  5. Informez vos héritiers, de préférence en toute transparence, pour éviter les tensions.
  6. Désignez une personne de confiance via un mandat pour cause d'inaptitude pour les décisions à prendre en cas d'incapacité.

Comment faire le bon choix ?

Tout dépend de votre situation.

 

  • Vous avez plusieurs enfants et souhaitez éviter des tensions ou des inégalités ? Une donation anticipée, équilibrée et expliquée, peut apaiser les relations.
  • Vous souhaitez conserver l'entier de votre patrimoine jusqu'à la fin de votre vie, pour faire face à l'imprévu ? Mieux vaut s'en remettre à l'héritage classique.
  • Vous vivez en concubinage ou souhaitez favoriser un proche qui n'est pas héritier légal ? Une planification est indispensable pour ne léser personne.

 

Dans tous les cas :

  • Faites le point avec un notaire ou un spécialiste du droit successoral, en tenant compte de votre canton de résidence.
  • Informez vos héritiers ou bénéficiaires potentiels de vos intentions pour éviter toute surprise ou contestation.
  • Conservez une marge de sécurité financière pour préserver votre qualité de vie, même après la donation.
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Préparer sa succession, c'est aussi penser à ce qui suit. Pour aborder l'ensemble du sujet, consultez notre guide sur les 8 étapes pour préparer sa succession.

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