- Aucune loi fédérale ne l'interdit, mais aucune ne l'autorise non plus : la plupart des règlements communaux ne prévoient pas le cas, ce qui revient à un refus.
- La Ville de Berne autorise l'inhumation avec son animal domestique dès le 1er septembre 2026, dans un carré funéraire dédié.
- La Ville de Zurich l'admet depuis plusieurs années.
- Le cimetière animalier de Läufelfingen (BL) accueille les cendres humaines aux côtés de celles de l'animal.
- L'animal doit toujours être incinéré. Vous, pas forcément : dans un cimetière communal, l'urne rejoint votre tombe, cercueil compris.
- Juridiquement, les cendres d'un animal sont traitées comme un objet placé dans la tombe, pas comme une inhumation à part entière.
Non, il n'est pas possible de se faire enterrer avec son animal, du moins en théorie...
Aucun texte fédéral ne traite le sujet. Le service funéraire appartient aux cantons, qui délèguent aux communes. Un règlement de cimetière décrit ce qui est admis et les tarifs. Forcément, il ne mentionne pas ce qui n'est pas prévu...
Il y a aussi la question sanitaire. En Suisse, il est interdit d'enterrer une dépouille animale en pleine nature. L'enterrement des animaux en propriété privée reste possible sous conditions strictes, principalement pour les bêtes de petite taille, et le sujet rejoint celui du droit de se faire enterrer dans son jardin. Partout ailleurs, il faut un lieu prévu à cet effet.
Quant à la crémation, c'est un autre sujet. Réduits en cendres, les restes de votre compagnon ne posent plus de question sanitaire. Il ne reste qu'un problème de règlement, et les règlements se révisent !
Berne franchit le pas
La Ville de Berne a adopté la révision totale de sa législation sur les cimetières. Le délai référendaire a expiré sans être utilisé, et le Conseil municipal a fixé l'entrée en vigueur au 1er septembre 2026.
Un carré funéraire spécifique est prévu, au cimetière du Schosshalden. L'animal doit obligatoirement passer par le crématorium et être placé dans une urne. Seuls les animaux domestiques sont admis, la Ville ayant écarté l'idée d'accepter les contenants animaliers dans toutes les catégories de tombes.
Le point juridique explique la mécanique. L'urne de votre chien n'est pas considérée comme une inhumation d'un animal. Elle est traitée comme un objet déposé dans la tombe, au même titre qu'une photo ou une lettre. Cette qualification rend l'opération possible sans toucher au principe de la sépulture humaine.
L'organisation Tier im Fokus la conteste, en rappelant que le Code civil ne range pas les animaux parmi les choses.
La demande a mis 5 ans à aboutir. Le postulat à l'origine du changement date de mars 2021.
Où peut-on reposer avec son animal aujourd'hui en Suisse ?
- À Zurich. La Ville autorise depuis plusieurs années le dépôt des cendres de son animal dans les tombes humaines. Une dizaine de personnes par année utilisaient cette possibilité au moment où la presse s'en est fait l'écho. Votre chat ou votre chien vous précède presque toujours : ses cendres attendent dans une urne funéraire pour animaux jusqu'au jour de votre propre inhumation.
- Läufelfingen (BL). Le Tierfriedhof am Wisenberg fonctionne à l'envers. Ce cimetière animalier accueille aussi des cendres humaines. Son gérant y a inhumé plusieurs personnes aux côtés de leur compagnon. Il suffit de le contacter et de signer un contrat de son vivant, la crémation préalable étant la seule condition posée. Bâle-Ville et Bâle-Campagne refusent pourtant les enterrements avec animaux de compagnie dans leurs propres cimetières, alors que Läufelfingen se trouve sur territoire bâlois. L'incohérence du paysage tient dans cet exemple.
En Suisse romande : rien pour l'instant, mais le terrain bouge. La Société vaudoise pour la protection des animaux gère un jardin du souvenir animalier au Chalet-à-Gobet depuis 2001, le premier du pays côté romand.
Fribourg a admis le principe de tombes pour animaux en 2024, lors de la révision de son règlement.
Neuchâtel a ouvert le Jardin du repos à Montmollin en juin 2025, réservé aux cendres animales.
À Genève, une initiative cantonale réclamant un jardin du souvenir animalier au cimetière de Saint-Georges a échoué en novembre 2025, faute des 4'212 signatures requises.
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Comment ça se passe, ailleurs en Europe ?
En France : tout part d'un chien mort le 1er février 1959, en Gironde. Félix pesait moins de 40 kg, ce qui dispensait ses maîtres de le remettre à l'équarrisseur comme l'exigeait alors le code rural. Ils pouvaient l'enterrer dans leur jardin. Ils voulaient autre chose : le caveau familial. Le maire d'Artigues-de-Lussac accorda la demande, oralement. La commune s'en émut. Le maire se rétracta et ordonna l'exhumation. Les Blois refusèrent. Il fallut 4 ans et un arrêt du Conseil d'État, le 17 avril 1963, pour trancher. Les juges y forgèrent la notion de dignité des morts, qui exclut les restes animaux d'une sépulture humaine.
Le reste de l'Europe a pris un autre chemin. L'Allemagne et le Royaume-Uni autorisent l'inhumation conjointe depuis longtemps. La Wallonie s'y est mise en dernier : le Parlement wallon a adopté son décret funérailles et sépultures en avril 2024, et le texte est applicable depuis le 1er septembre 2024. Il légalise une pratique que les communes toléraient déjà sans le dire.
Et concrètement ?
L'incinération de l'animal doit être individuelle, sinon ses cendres partent dans une fosse commune et vous ne récupérez rien. Le crématoire animalier vous restitue une urne, avec un dispositif de traçabilité qui garantit l'identité des cendres. Le prix dépend du poids de l'animal et du contenant choisi. Votre vétérinaire peut organiser le transport. Le sujet est traité dans notre article sur la mort d'un animal de compagnie.
Vous, en revanche, n'êtes pas obligé d'opter pour une crémation. Dans un cimetière communal, votre tombe reste une tombe ordinaire, et l'urne y est ajoutée. La crémation du corps humain n'est exigée que si vous voulez reposer tous les deux dans un cimetière animalier.
Un point d'ombre : certains cimetières refusent que les noms complets des deux occupants figurent sur la pierre tombale.
Et un détail pratique. Où sont les cendres de votre animal aujourd'hui ? Sur une étagère, dans un carton au grenier, chez vos enfants ? Pour que votre animal repose avec vous le moment venu, il faut que quelqu'un sache où elles se trouvent.
Et si votre animal vous survit ?
Une chose est exclue : votre animal ne doit pas mourir pour vous rejoindre. La Wallonie l'a inscrit dans son décret. Berne a préféré s'en remettre au droit de la protection des animaux, qui s'applique de toute façon.
La question devient alors celle-ci : que devient votre chien si vous mourez avant lui ? Elle mérite aussi d'être réglée par écrit.
Comment en faire la demande ?
Quelles que soient vos volontés, il est nécessaire d'en faire part de votre vivant. Sans document, ce sont vos proches qui décident, et le lieu d'enterrement leur revient de fait. Un souhait que l'administration traite encore comme une exception sera écarté par quiconque le trouve étrange, ou par quiconque ignore simplement qu'il existait.
Le dire, c'est ce qui change tout
Un souhait comme celui-là ne se devine pas. Il tient à des détails que vous êtes seul à connaître : le nom du cimetière, le numéro du contrat, l'endroit où repose l'urne, la personne à appeler. Sans elles, 9 familles sur 10 doivent improviser, le jour où elles en ont le moins la force.
C'est exactement ce qu'une prévoyance funéraire vient régler. Vous exprimez ce qui vous tient à cœur, vous le déposez dans votre espace personnel sécurisé, et vos proches y accèdent le moment venu. Ils n'ont ni à chercher, ni à deviner, ni à trancher. Un interlocuteur unique coordonne les démarches et les frais sont réglés à l'avance.
Anticiper, ce n'est pas penser à sa mort. C'est retirer une charge des épaules de ceux qui restent. Y compris pour ce qui, à leurs yeux, tenait de la lubie et qui était, pour vous, une évidence.
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