Pourquoi on les appelle les croque-morts ?

Depuis des siècles, les croque-morts alimentent la légende urbaine. Parfois considérés comme des vecteurs de mort, des personnages solitaires, sombres, sinistres et aux pratiques douteuses, ils entretiennent un imaginaire riche tout un mythe autour des pompes funèbres.

D’où vient le mot “croque-morts” ?

Le mot croque-mort est une expression qui tire son origine de la fin du XVIIIe siècle. D’un point de vue étymologique, croque-mort vient de « croquer » qui en ancien français signifie « faire disparaître ». Par extension, un croque-mort est donc une personne qui enterre les morts. Aujourd’hui le terme est désuet voire familier, on lui préfère dans le langage courant l’appellation « conseiller funéraire » ou « assistant funéraire ».

L’origine du terme

Il existe plusieurs théories autour de l’origine du terme croque-mort. Toutes sont loin d’être fiables et relèvent plutôt de la légende urbaine ou de la croyance populaire :

  • Selon quelques sources à une période où il était difficile de prouver la mort biologique d’un individu, les croque-morts vérifiaient, avant la mise en bière, si un défunt l’était vraiment en lui croquant le gros orteil.
  • L’origine du terme croque-mort remonterait aux grandes épidémies de peste. À l’époque, les croque-morts utilisaient une sorte de crochet pour manipuler les défunts et éviter tout contact avec les corps contaminés. On les aurait donc pendant un temps appelé des croche-morts qui avec l’évolution de la langue a donné « croque-morts ».
  • Certains linguistes suggèrent que le mot croque-mort fait référence à un mangeur de mort qui « croquerait », c’est-à-dire « volerait » les biens des défunts avant leur mise en bière. Une théorie à rapprocher de celle de l’origine du mot sarcophage, issu du grec ancien (sarx = la chair et phagein = manger). Un sarcophage est donc un mangeur de chair.

S’il est difficile de donner une réponse précise sur l’origine du mot croque-mort et de savoir quelles sont les explications les plus plausibles, l’origine étymologique est celle qui semble la théorie la plus empreinte de raison.

Comment les appeler aujourd’hui ?

Si le terme « croque-mort » convient à un registre de langue familier, les employés de pompes funèbres n’apprécient guère ce surnom ! D’une part à cause de la connotation négative de cette appellation et deuxièmement parce que plusieurs corps de métiers sont représentés dans le funéraire. Il y a les chauffeurs-porteurs, responsables du corbillard et qui portent le cercueil, les maîtres de cérémonie qui dirigent les funérailles, les fossoyeurs chargés de veiller à l’entretien des tombes et des caveaux après un enterrement sans oublier tous les partenaires qui participent de près ou de loin aux soins du défunt. Aujourd’hui un croque mort s’appelle plutôt un assistant funéraire ou un conseiller funéraire.

Comment travailler dans les pompes funèbres ?

En Suisse, le métier de croque-mort est peu réglementé et n’est pas soumis à autorisation sauf dans le canton de Fribourg et dans le canton de Vaud, ce qui signifie que toute personne souhaitant exercer dans le funéraire, le peut, à condition de justifier d’un casier judiciaire vierge. Cependant travailler dans les pompes funèbres demande une réelle vocation et un rapport sain à la mort. Au quotidien, un croque-mort est amené à côtoyer des défunts et des familles endeuillées, ce qui demande de l’empathie, de la patience, mais surtout de la résilience.

Quelle formation pour devenir croque-morts ?

Trouver une formation pour devenir croque-mort n’est pas une affaire évidente. La plupart des personnes travaillant dans le funéraire se forment « sur le tas » au sein de l’entreprise chargée de la crémation ou de l’inhumation dans l’optique d’acquérir les informations, les compétences et le savoir-faire nécessaire pour exercer légitimement en tant que croque-mort. Cependant, face à la hausse des demandes, certaines structures commencent à proposer des formations :

  • L’Association suisse des services funéraires dispense une formation pour devenir entrepreneur en pompes funèbres qui à l’issue des examens délivre un brevet fédéral. Ce cursus met surtout l’accent sur la gestion d’une entreprise funéraire.
  • Depuis peu, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) propose lui aussi une toute nouvelle formation plutôt centrée sur les soins de conservation des cadavres et la thanatopraxie.
  • Certains futurs croque-morts font le choix de se former à l’étranger ou d’apprendre le métier directement auprès des professionnels du secteur.

Pour aller plus loin sur les définitions associées

D’où vient le mot pompe funèbre ?

Un pompe funèbre est aujourd’hui un mot exclusivement employé au pluriel, ainsi le terme exact est « pompes funèbres ». Son origine remonte à l’époque de la Rome antique où des grands cortèges funéraires (en latin pompa funebris) étaient organisés pour célébrer la mort d’une personnalité publique.

Quel est le pluriel de croque-mort ?

Le pluriel de croque-mort est croque-morts. Selon les nouvelles recommandations orthographiques de 1990, il n’est pas rare de retrouver la graphie croquemort dont le pluriel est croquemorts.

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Catégorie
Pompes funèbres
Publié le
2 février 2022
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