Les funérailles c’est quoi ?

Les funérailles sont l’ensemble des rites funéraires pratiqués lors d’un décès, de la mise en bière jusqu’à l’inhumation ou la crémation. Depuis la nuit des temps, les individus attachent presque autant d’importance aux vivants qu’à morts, et s’évertuent à leur rendre hommage à travers des cérémonies funéraires jusqu’au lieu de sépulture.

Des rites funéraires pratiqués depuis toujours

Dès les premières civilisations, il était d’usager d’inhumer ses morts. Si les premiers enterrements étaient assez sommaires, ils étaient déjà précurseurs des rites funéraires pratiqués même aujourd’hui. Les funérailles, telles que nous les connaissons, faisaient partie des coutumes chez les Grecs et les Romains. C’était un moyen de valoriser un défunt tout en facilitant son passage dans l’au-delà. Des cérémonies en grande pompe étaient organisées, des textes étaient lus et les funérailles permettaient également d’afficher le statut social du défunt. Certains Romains prenaient même le soin de rédiger ce qu’on appelle aujourd’hui un « testament » obsèques. C’est le cas notamment de Caius Caecilius Claudius Isodorus qui exigea que plus qu’un million de sesterces soient dépensés pour ses funérailles. Une coquette somme, même pour l’époque. Aussi, dans l’Antiquité, un soin particulier était apporté à l’art funéraire des tombeaux qui constituent aujourd’hui un témoignage très précieux quant aux coutumes des funérailles de l’époque. Idem pour les urnes cinéraires en verre ou en terre, le plus souvent placées dans un réceptacle en pierre et parfois même scellées sur un monument funéraire. Mais, la chute de l’Empire romain a bouleversé les pratiques funéraires et la tenue des funérailles.

Les funérailles au Moyen-Âge

Face à l’hégémonie de l’Église catholique et à son quasi-monopole en Europe, l’inhumation est devenue le seul mode de sépulture accepté, en référence à la mise au tombeau du Christ. S’il était prescrit, fut un temps, de se faire inhumer à l’intérieur de la cité, devant les dons très convaincants des personnages de notoriété publique, les funérailles pouvaient se solder par une inhumation en l’église. Peu à peu, les reliquats de l’interdiction de sépulture intra-muros disparaissent et les cimetières tenaient alors une place importante dans l’âme des cités. Lors des grandes épidémies du Moyen-Âge, l’Église a encouragé la création d’associations charitables chargées des funérailles et de tout ce qui en découlait. À cette époque, les défunts étaient le plus souvent inhumés dans des fosses communes, enveloppés d’un simple linceul. C’est seulement lors de l’invention du clou, que les cercueils ont commencé à se démocratiser. Face aux problèmes de salubrité causés par les fosses communes, à la fin du XVIIIe siècle, les funérailles ont à nouveau lieu à l’extérieur des villes et au début du XIXe siècle, les fosses communes laissent place aux fosses individuelles et il devient même possible de louer une concession. Quelques décennies plus tard, face à la volonté croissante des individus de disposer librement de leurs morts et d’organiser des funérailles à leur image, la crémation est à nouveau autorisée même si elle demeure proscrite par l’Église catholique. Et c’est seulement en 1963, après des négociations répétées, qu’elle est autorisée par l’Église catholique qui recommande vivement l’inhumation des cendres dans un cimetière. Toutefois, aujourd’hui, la crémation reste interdite dans de nombreuses religions, l’islam, le judaïsme et l’orthodoxie.

Les funérailles aujourd’hui en Suisse

La Suisse est championne d’Europe de la crémation. Si dans la plupart des pays d’Europe, l’inhumation reste très pratiquée malgré la hausse du taux de crémation, en Suisse, la crémation représente 90 % des funérailles. Ce qui crée un phénomène assez déroutant : les cimetières suisses se vident. Les raisons de la crémation sont propres à chacun, mais les motivations les plus fréquentes sont les suivantes :

  • L’absence d’entretien d’un lieu de sépulture puisque les cendres peuvent être dispersées.
  • Une volonté de répondre à des funérailles écologiques.
  • Des coûts de funérailles réduits, notamment grâce au choix d’un cercueil plus basique.
  • Une cérémonie plus acceptable moralement par la famille qu’une mise en terre.

Des funérailles écologiques

Si longtemps les funérailles étaient partagées par l’éternelle dichotomie crémation/inhumation, les avancées technologiques permettent la naissance de nouveaux rites funéraires sensibles à la question de l’écologie. Si ceux-ci restent pour l’instant marginaux ou autorisés seulement dans certains pays, l’évolution des mœurs quant à la question de la mort et de son impact environnemental leur promet un bel avenir.

  • L’humusation est un procédé écologique de transformation d’un corps en compost. Cette technique d’inhumation est naturelle et ne nécessite ni cercueil ni produits chimiques. Le défunt est placé dans un linceul biodégradable et recouvert de copeaux de bois. Aujourd’hui, seul l’État de Washington autorise ce type de funérailles. La question reste néanmoins ouverte en Belgique et en France.
  • La promession est un concept né en Suède et consiste à immerger une dépouille dans de l’azote liquide. Le corps, devenu friable, est transformé en particules fines, par un procédé de vibration. La promession est autorisée en Allemagne, au Royaume-Uni et en Suède.
  • L’aquamation est un procédé funéraire où le corps est plongé dans de l’eau chaude avec des agents chimiques puis dissous jusqu’à ce que les os deviennent friables. Pour l’instant, cette pratique reste seulement permise au Canada et en Australie.
  • La cryogénisation consiste à conserver un corps à très basse température dans l’espoir que les avancées médicales puissent ramener le défunt à la vie. Cette pratique est interdite dans la plupart des pays, mais elle est autorisée aux États-Unis et en Russie.
Publié le
3 octobre 2020
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