Sujets d'informations Cérémonie funéraire laïque ou religieuse en Suisse : comment choisir

Cérémonie funéraire laïque ou religieuse en Suisse : comment choisir

Alexandra Rodriguez

Alexandra Rodriguez

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Publié le 04 juillet 2022 • Mis à jour le 31 août 2026

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Religieuse ou laïque, en présence du corps ou après crémation, à l'église ou dans une salle de recueillement. Le type de cérémonie fait partie des décisions que les familles prennent dans les jours qui suivent un décès.

L'essentiel en bref
  • En Suisse, deux grandes familles de cérémonies funéraires coexistent : laïque (sans référence religieuse) et religieuse (catholique, protestante, musulmane, juive, orthodoxe).
  • Les cérémonies laïques montent en puissance, en lien avec la part croissante de Suisses sans appartenance religieuse (un quart de la population).
  • 93 % des décès en Suisse donnent lieu à une crémation, indépendamment du type de cérémonie choisi.
  • Anticiper le choix de la cérémonie soulage les proches d'une décision intime à prendre dans les 48 heures suivant le décès.
  • Organiser une cérémonie n'est pas obligatoire en Suisse.

Laïque ou religieuse : ce qui les distingue

Les deux formes ne s'opposent pas. Elles répondent à des convictions différentes.

  • La cérémonie religieuse s'inscrit dans une tradition spirituelle. Elle est officiée par un représentant du culte : prêtre, pasteur, imam, rabbin, prêtre orthodoxe. Elle suit un rituel établi qui donne un cadre symbolique au départ. Pour beaucoup de familles, ce cadre apporte un réconfort en désignant la mort comme un passage.
  • La cérémonie laïque, aussi appelée cérémonie civile ou cérémonie d'adieu, ne fait appel à aucune référence religieuse. Elle est centrée sur la vie de la personne disparue. Elle peut se tenir dans un centre funéraire, en plein air, ou dans un lieu qui comptait pour elle. Un célébrant laïc accompagne la famille pour construire ce moment.

 

Les deux formes remplissent la même fonction : permettre aux proches de se rassembler et de faire leurs adieux.

La cérémonie laïque

Elle est de plus en plus choisie par les familles qui souhaitent un hommage personnalisé sans cadre religieux. Rien n'est imposé.

Le déroulement type comprend :

  • Des témoignages de proches
  • Les interventions du maître de cérémonie, qui structure le moment
  • Des lectures : poèmes, textes personnels, extraits littéraires, éloge funèbre
  • De la musique choisie selon les goûts de la personne
  • Un temps de recueillement ou de silence
  • Une verrée du souvenir organisée après la cérémonie

 

Une cérémonie laïque peut réunir des personnes de confessions différentes. Elle ne demande aucune appartenance.

 

La célébrante laïque Sandra Widmer Joly observe une tendance de fond : « Beaucoup de gens aspirent à sortir des dogmes, mais les gens restent attachés à une forme de spiritualité. » Cette demande de sens, hors des cadres religieux traditionnels, structure une part croissante des cérémonies en Suisse romande.

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Les cérémonies religieuses par confession

La cérémonie catholique

La messe de requiem est le rite central. Elle se tient à l'église, officiée par un prêtre, et comprend des lectures bibliques, des prières, des chants, l'encens et l'eau bénite. Le corps est présent, dans un cercueil ouvert ou fermé selon les souhaits de la famille.

 

L'inhumation a longtemps été préférée. Depuis le décret du Saint-Office de 1963, la crémation est tolérée à condition que la motivation ne contredise pas la foi chrétienne. La majorité des familles catholiques romandes optent aujourd'hui pour la crémation, même quand la cérémonie reste religieuse.

 

Une veillée funéraire peut précéder la messe, organisée au domicile. Cette tradition recule, elle se maintient dans certains cantons comme le Valais et Fribourg.

La cérémonie protestante

Le protestantisme se distingue par sa sobriété. La cérémonie, officiée par un pasteur, s'adresse aux vivants et à leur deuil. La tradition réformée considère que les prières n'ont pas d'effet sur la destinée du défunt.

 

Il n'y a pas de bénédiction du corps. Le déroulement reste flexible selon les courants et accueille facilement des éléments personnalisés. La crémation y est plus aisément acceptée que dans la tradition catholique historique.

La cérémonie musulmane

Les funérailles islamiques suivent un protocole dicté par la loi religieuse. Dès le décès, le corps est lavé rituellement par des personnes du même sexe, souvent membres de la communauté. Le défunt est ensuite placé dans un linceul blanc.

 

La prière funéraire, la Salat al-Janaza, est récitée en groupe. L'inhumation doit intervenir le plus rapidement possible, idéalement dans les 24 heures. Les formalités administratives suisses rendent ce délai difficile à tenir, ce qui reste un point de friction connu pour les familles musulmanes.

 

Le défunt est enterré sur le côté droit, orienté vers La Mecque. La crémation est interdite. Plusieurs cimetières suisses proposent des carrés confessionnels, notamment à Bremgarten dans le canton de Berne.

La cérémonie juive

Le judaïsme accorde une importance capitale à la rapidité de l'inhumation, qui doit avoir lieu dans les 24 heures suivant le décès, sauf empêchement majeur. Le corps n'est jamais laissé seul. Il est veillé jusqu'à l'enterrement par la Chevra Kadisha, la société de bienfaisance funèbre.

 

Le cercueil est simple, en bois non verni, pour permettre au corps de retourner à la terre. La crémation est interdite dans le judaïsme orthodoxe.

 

Après l'enterrement commence la Shiva, période de deuil de sept jours durant laquelle la famille reçoit les condoléances à son domicile.

La cérémonie orthodoxe

La structure ressemble à celle des funérailles catholiques, avec une richesse liturgique plus marquée. La veillée funèbre, la Panikhida, occupe une place centrale. Le corps est présent, et dans certaines traditions le cercueil reste ouvert.

 

Les offices sont célébrés à l'église, avec chants byzantins, encens et icônes. L'inhumation est la norme, la crémation est généralement interdite.

Un paysage religieux qui se transforme

Le paysage des cérémonies funéraires suisses s'est profondément transformé sur les quatre dernières décennies. Une analyse de l'Office fédéral de la statistique publiée en 2019 documente ce mouvement.
 

Le catholicisme recule : de 42 % à 36 % de la population résidente. Le protestantisme s'effondre : divisé par deux sur la même période, passant d'une moitié à un quart des résidents. Les Suisses sans appartenance religieuse, quasi inexistants en 1970, étaient encore 12 % en 2000 et représentent désormais un quart de la population. L'islam, encore minoritaire (5,2 %), se structure et obtient progressivement des espaces dédiés dans les cimetières.
 

Le sociologue Bertrand Crettaz analyse une rupture dans les années 1950-60 : « On a commencé à faire partir le corps hors de la maison familiale, dans le centre funéraire, et les familles ont là perdu un savoir-faire mortuaire, si bien qu'elles l'ont confié entièrement aux entreprises funéraires. »
 

Plus récemment, il observe un retour aux rites sous une forme nouvelle : « Le retour des rites est un phénomène complexe, qui s'explique par des sociétés désemparées où les grandes religions traditionnelles se sont effondrées. La demande des rites, c'est un peu aujourd'hui la demande du sens. »
 

La thanatologue Alix Noble Burnand parle d'un syncrétisme assumé : « Aujourd'hui le syncrétisme est complet, avec une fascination pour les autres manières de croire et de pratiquer. Il y a un refus des pratiques enfermantes. »
 

Concrètement, cela donne ce que Crettaz appelle un « bricolage rituel gigantesque » avec photos, vidéos, musique, où la difficulté n'est plus l'absence de rite, c'est l'excès qu'il faut canaliser et structurer.

Cas particuliers

  • Une personne sans confession peut-elle avoir une cérémonie religieuse ? C'est possible dans plusieurs communes suisses, sur demande des proches et avec l'accord de l'église concernée. Des frais supplémentaires peuvent s'appliquer si la personne ne s'acquittait pas de l'impôt paroissial.
  • Aucune cérémonie souhaitée. Organiser des funérailles n'est pas obligatoire en Suisse. Un adieu sous une forme libre reste possible.
  • Cérémonie après la crémation. La cérémonie peut se tenir en présence de l'urne plutôt que du cercueil, pour des raisons de délai ou parce que le défunt l'avait demandé. 

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Questions fréquentes sur les cérémonies funéraires

La cérémonie religieuse se déroule dans un lieu de culte selon les rites d'une confession. La cérémonie civile se tient sans référence religieuse et laisse une totale liberté dans le format.

Oui, les cérémonies laïques sont autorisées et de plus en plus fréquentes. Elles ne comportent pas de référence religieuse. Elles offrent une grande liberté de personnalisation.

Oui, la cérémonie peut être personnalisée selon les souhaits du défunt. Textes, musiques ou gestes symboliques peuvent être choisis. Cela permet une cérémonie plus fidèle à la personne.

Dans plusieurs communes suisses, c'est possible sur demande des proches. L'église concernée donne son accord et peut facturer des frais supplémentaires si la personne ne payait pas d'impôt paroissial.

Non. Elle est interdite dans l'islam et le judaïsme orthodoxe. Elle est tolérée par le catholicisme depuis 1963. Elle est largement acceptée dans le protestantisme. Elle est généralement interdite dans l'orthodoxie chrétienne.

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